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mercredi 7 décembre 2016
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Tout savoir sur une exploitation familiale des Hautes Vosges

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Une journée à la ferme, forcément, cela débute par la traite, car sans lait, pas fromage !

Une journée à la ferme, forcément, cela débute par la traite, car sans lait, pas fromage !

Faire du bon fromage oui, mais en famille ! Et surtout pas n’importe comment. Depuis plusieurs années, Eric et Christine Boon organisent des visites de leur exploitation qui font notamment le bonheur des vacanciers.

Ces derniers découvrent une véritable exploitation familiale qui fonctionne selon les convictions et le caractère de ses propriétaires qui portent un regard avisé sur leur métier et ne transigent pas avec la qualité des produits qu’ils proposent, les procédés utilisés, ou encore l’aménagement des lieux qu’ils occupent avec leurs belles vosgiennes depuis 2002. Une visite à la ferme Bio de Bonnefontaine, s’est une incursion dans le monde paysan des Hautes Vosges et l’univers d’un couple  qui refusent la facilité, les AOC « stupides » et ne laissent rien au hasard ou presque en faisant appelle à des techniques d’autrefois, et ce jusque dans la conception  de la nouvelle étable. Oui les amis, c’est dans les vieilles marmites qu’ont fait les meilleurs tambouilles !

Différents types de moules sont utilisés pour la confection des munsters

Différents types de moules sont utilisés pour la confection des munsters

Ainsi, il n’est pas étonnant qu’Eric Boon débute chaque visite par un petit coup de projecteur sur l’agriculture familiale :  « Ici, je m’occupe plus des vaches et Christine des fromages. Autrefois, on trouvait dans chaque exploitation 3 générations, nous, nous ne sommes plus que deux. Nous faisons du chique, de la tomme et du munster qui n’en a pas le nom. 2014 est l’année de l’agriculture familiale au niveau mondial. On parle souvent de l’artisanat, sachez que l’agriculture familiale est la première entreprise au monde, le premier employeur au niveau mondial et représente à ce titre près de 40% des activités. Elle permet de nourrir 70% de la population mondiale. 95% des exploitations mondiales font moins de 5 hectares. », précise-t-il.

La ferme q'Eric et Christine occupent depuis 2002 aurait vu le jour en 1622 !

La ferme q’Eric et Christine occupent depuis 2002 aurait vu le jour en 1622 !

Et d’ajouter : « Pourtant, on ne souhaite pas miser au niveau mondial sur l’agriculture familiale, mais plus sur l’exploitation destinée à l’exportation à travers de grands groupes. La politique agricole veut faire disparaître l’agriculture familiale ». Voilà le décors planté : on veut la peau de l’agriculture familiale alors qu’elle pourrait permettre au plus grand nombre de se nourrir correctement, et même de se nourrir tout court dans certains pays qui connaissent la famine. Les agricultures du monde sont extrêmement variées, il faut pouvoir les faire perdurer et fructifier au lieu de les globaliser.

Mais « recentrons le débat » : à Bonnefontaine, on fait du fromage et on le fait bien. Du « chique » dont c’était d’ailleurs la fête il y a peu, de la Tomme, fromage mi-cuit avec un peu moins de petit lait et plus chauffé que le munster, et du munster justement, mais qui n’en porte pas le nom : « Pour ce fromage, on travaille sur deux traites, on casse le lait (séparation du petit lait) et c’est un fromage affiné. Nous utilisons différents types de moules pour se faire. On ne demande pas l’AOC pour ce fromage car l’AOC Munster est sans doute la plus stupide : en gros, il suffit d’être dans un secteur géographique extrêmement étendu, d’utiliser le lait de n’importe quelle vache et le tour est joué ! », explique Eric Boon

Disposition de l'étable, du foin, de la cave à fromage etc... Tout a été soigneusement étudié pour le plus efficace et pratique, mais aussi dans un souci d'économie d'énergie

Disposition de l’étable, du foin, de la cave à fromage etc… Tout a été soigneusement étudié pour le plus efficace et pratique, mais aussi dans un souci d’économie d’énergie

« Nous autres, nous travaillons de manière bio, sur le territoire vosgien et avec des vaches vosgiennes à cornes ! » Des vosgiennes qui ont leur spécificité et c’est pour cela qu’Eric Boon est actuellement sur un plan de relance de l’espèce. On ne compte en effet que 10 000 bête dans le secteur dont 1 000 mères suivies. Comment la reconnaître ? Elle a les extrémités noires (museau, pattes/sabots, pis etc…) et les lignes dorsales et ventrales blanches. « C’est une bonne vache, qui sait garder du lait pour elle au début et donc valoriser des foins de moins bonne qualité par exemple. De plus, elle n’atteint son âge adulte qu’à 5 ans et a donc une meilleure longévité de ce point de vue ».

Quant aux petits veaux, on précisera également qu’ils sont laissés auprès de leur mère pendant une semaine ce qui permet à Eric Boon d’avoir 0%  de mortalité. C’est d’ailleurs par un petit bonjour au dernier né que s’est achevée la visite de mardi dernier. Enfin pas tout à fait : c’est bien sûr par une petite dégustation des produits de l’exploitation que les visiteurs ont fini leur petit tour d’horizon de l’exploitation familiale de Christine et Eric. Idéal pour se mettre en appétit avant le déjeuner du midi !




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