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samedi 10 décembre 2016
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Le maire d’Epinal attaque le journal l’Echo des Vosges qui l’a «effacé» d’une photo Porté disparu

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Peut-on impunément « effacer » quelqu’un d’une photo et publier ainsi le cliché? C’est l’étonnante question soumise lundi à un tribunal d’Epinal par le député-maire de la ville.
heinrich municipalesOutré que son image ait disparu d’un hebdomadaire dirigé par un de ses ennemis, le maire UMP d’Epinal, Michel Heinrich, réclame devant le tribunal de proximité un euro de dommages et intérêts au magazine local « L’Echo des Vosges », dont le propriétaire, l’industriel Alain Thirion, est l’un de ses adversaires politiques historiques.

Au coeur du conflit, une photo d’un événement local banal : l’inauguration en mai dernier d’un monument aux morts dans un village des Vosges, Rehaincourt.

Parmi les personnalités présentes figurent le maire du village, le président du conseil général (et ancien président du Sénat) Christian Poncelet, et, au centre, le député Michel Heinrich. Mais lorsque la photo de l’événement paraît dans l’hebdomadaire L’Echo des Vosges, surprise : le député-maire d’Epinal a disparu du cliché, « ainsi, au passage, que l’une des jambes du maire du village », a raillé devant les magistrats l’avocat de l’édile, Me Laurent Bentz.

Une question de « véracité »

Pour Me Bentz, le procédé – que ne conteste pas l’hebdomadaire – ne relève certes pas de la diffamation ou de l’injure. Mais il manifeste malgré tout selon lui une « intention de nuire » et une « malhonnêteté intellectuelle », qui valent réparation.

« La liberté de la presse, ça n’est pas la liberté de s’affranchir des principes de son métier », a-t-il fait valoir, en citant la charte d’éthique professionnelle des journalistes, qui exige du métier « véracité » et « exactitude », et qui condamne « l’altération des documents ».

En réponse, l’avocat de L’Echo des Vosges, Me Alain Behr, s’est demandé s’il revenait au tribunal « de régler les problèmes narcissiques de M. Heinrich ».

« Digne de San Antonio »

« La presse est libre », a martelé l’avocat, pour qui « aucune infraction » n’a été commise dans ce dossier où « un élu poursuit un organe de presse parce qu’il n’est pas sur la photo ».

« Digne de San Antonio, » cette affaire « fait rire tout le monde », a-t-il raillé.

Jugement le 12 décembre.




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