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mercredi 7 décembre 2016
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A Liézey, c’est l’École des Savoirs Essentiels Découverte d'une nouvelle démarche d'enseignement dont profite aujourd'hui plusieurs milliers de petits vosgiens. Rencontre avec Michel Burlett un de ses enseignants

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Michel Burlett heureux d’enseigner la nouvelle démarche

Michel Burlett heureux d’enseigner la nouvelle démarche

Si l’on égraine, à travers le temps,  l’histoire des méthodes d’enseignement au sein même de l’Éducation Nationale, il faudrait plusieurs heures afin de discerner,  le bon du moins bon, l’efficace de l’inefficace et le superflu du nécessaire. Entre la méthode globale de papa, la  syllabique de maman et des centaines d’autres démarches pédagogiques, les  parents d’élèves, les enfants et autres béotiens que nous sommes en ont parfois perdu leur latin. Et qui dit latin dit savoir…enfin, c’est ce qu’on pouvait croire jadis. Le petit village de Liézey est aujourd’hui à l’heure d’une nouvelle démarche appelée L’École des Savoirs Essentiels. Quand ça fonctionne, on se doit de le souligner, pour le bien-être des écoliers mais aussi de ses enseignants notamment Michel Burlette en charge de 16 élèves  de tous niveaux adeptes de la méthode depuis toujours ou presque.

L’histoire de la démarche de l’École des Savoirs remonte  à quelques années seulement pour prendre forme du coté de la circonscription de Bruyères avec la conseillère pédagogique Pascale Pocard. C’est elle qui est à la réflexion et à l’élaboration de la démarche, surtout pas méthode, s’appuyant sur le fonctionnement du cerveau  et des études réalisées par le neuro-scientifique Stanislas Déhaene. Avant même d’être validée par l’Inspection Académique avec possibilité de l’appliquer sur le terrain, la démarche a été testée expérimentalement pendant 3 ans dans une classe de l’école primaire de Docelles.  Le résultat fut probant et le feu vert a été naturellement donné  aux enseignants désireux de l’exploiter en classe dont Michel Burlett qui est aujourd’hui maitre formateur.

Depuis, environ 200 professeurs des écoles enseignent la méthode de l’École des Savoirs Essentiels sur l’ensemble du département…pour s’élargir progressivement à d’autres régions éloignées des Vosges.

Le tableau sera totalement rempli pour la reprise de classe

Le tableau sera totalement rempli pour la reprise de classe

 » La démarche repose sur plusieurs piliers  » commente Michel Burlett à l’inter-classe »  celui de la bienveillance en rassurant les élèves  jusqu’à les applaudir lors d’une interrogation. La méthode considère que la reconnaissance est importante autant de la part du maitre que des autres écoliers. Pour cela, les enfants s’appuient sur des repères spatiaux, temporels ou méthodologiques. On ne les lance pas sans repères, les séances de travail sont ainsi ritualisées, liées parfois à un geste comme  se cacher les yeux afin de mieux mémoriser un instant précis ».

Ce qui caractérise la méthode de travail est sans aucun doute le silence qui règne dans la salle de classe. Pour l’enseignant il est impossible de se concentrer  dans un environnement bruyant.

 » C‘est fondamental  » poursuit Michel Burlett  » nous privilégions l’intensité à la longueur de mémorisation. D’ailleurs les séances de travail ne dépassent pas  2 fois 20 minutes par matière avec une pause dite de souffle consacrée aux jeux, au travail manuel, au dessin et toujours dans le silence ».

Les devoirs sont quant à eux  réduits à une relecture à la maison, car les formateurs à L’École des Savoirs Essentiels considèrent que les leçons apprises en classe et revues 4 fois en 48 heures sont acquises pour au moins une semaine.

« Les classes sont beaucoup plus homogènes pour une démarche qui est progressive et finalement un gain de temps  même si l’investissement  du maitre est important » confirme l’enseignant  »  nous avançons pas à pas, la classe passe par de nombreuses étapes. Aujourd’hui les retours sont excellents  et les enfants qui sont au collègue sont considérés comme des élèves avec des bases solides ».

Les Vosges deviennent-elle un département pilote en terme d’enseignement ? En tout cas, la démarche fait de plus en plus d’adeptes et Michel Burlett est séduit, convaincu du travail réalisé.

« Ça a tout simplement changé ma vie professionnelle avec la satisfaction d’avoir plus d’élèves en réussite «  conclut l’intéressé «  je fais preuve de beaucoup plus de rigueur dans mes préparations. Je peux vous confirmer que le tableau est prêt et bien rempli chaque matin avant la classe ».




10 réactions sur “A Liézey, c’est l’École des Savoirs Essentiels

  1. un enseignant

    C’est vrai que c’est une « prouesse » EXTRAORDINAIRE de parvenir à faire travailler 16 élèves… Quel effectif!!! Cette « méthode », dont j’ai mal cerné l’aspect prétendument novateur, est-elle aussi probante avec des classes qui en compte le double?

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    1. Une ex enseignante

      Je ne vois pas, moi non plus, en quoi cette démarche est nouvelle. Les piliers décrits ne sont-ils pas, depuis longtemps, le cœur du métier d’enseignant ? Et que signifie « L’école des savoirs essentiels » ? N’y a t-il pas des programmes nationaux qui définissent les savoirs que les élèves doivent apprendre ? Serait-on dans une école « parallèle » ?

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  2. un enseignant

    En quoi poser des questions, émettre des doutes est-il négatif? Je pense au contraire que c’est le B.A ba du métier d’enseignant… Remettre sans cesse en question des méthodes, des pratiques, sans pour autant envisager que les pratiques « traditionnelles » sont bonnes « à jeter » ni que les méthodes supposées novatrices sont la panacée!… Ou l’inverse.

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  3. Sabrina

    Oui, c’est une prouesse d’assurer l’enseignement de 16 élèves sur cinq niveaux. L’enseignement actuel montre bien ses limites et il est intéressant de s’orienter vers des pédagogies nouvelles. Les pédagogies alternatives (Montessori, Freinet,…)n’ont-elles pas fait leurs preuves ? Chaque enfant est unique, il faut respecter son rythme de vie et le gratifier et c’est , il me semble, ce que l’Ecole des Savoirs Essentiels applique.
    A méditer…

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  4. un enseignant

    Mea culpa… Je n’ai sans doute pas cerné ce que cette pratique avait d’éminemment progressiste! Les enseignants qui ne pratiquent pas cette « démarche » ne sont bien sûr pas « bienveillants », lancent les élèves « sans répères » et enseignent trois heures consécutives la même matière… C’est évident! Et en plus, ils « maltraitent » ainsi des classes de 30 élèves…

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  5. une enseignante

    pourquoi cette virulence? Il faut parfois savoir se remettre en question et admettre que certaines démarches donnent de meilleurs résultats. J’applique moi- même cette démarche dans ma classe depuis 3 ans et je constate avec plaisir que tous les élèves sont heureux de venir apprendre à l’école. Les plus fragiles s’y sentent sécurisés car le cadre est rigoureux et apprennent dans de meilleures dispositions.La classe est calme, même en maternelle. Les séances de mémorisation sont efficaces et sur le long terme. Les enfants réussissent mieux car ils se sentent valorisés et le plaisir d’enseigner est décuplé! Mais le travail de préparations est lui aussi décuplé, ce qui demande du courage, c’est peut- être ce qui manque à ceux qui critiquent sans avoir expérimenté..!

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  6. un enseignant

    Aucune virulence, de l’ironie simplement… Une information objective, hors de tout ressenti, toute impression forcément subjective: scolarité dans les écoles Montessori: une moyenne de 3000 euros par an.
    Et bravo aux « génies de l’enseignement » et de la pédagogie différenciée qui réussissent brillamment tout, là où d’autres reconnaissent leurs pauvres limites humaines et leur incapacité à tout réussir et avec tous les élèves… Ce n’est pas du courage mais de la lucidité et de la modestie!

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  7. Un enseignant

    N’y a-t-il pas un peu de renoncement dans vos propos?
    N’est-il pas normal de chercher par tous les moyens de faire progresser nos élèves?
    Si on vous dit que ça marche, plutôt que de critiquer, ne faudrait-il pas mieux se renseigner plus avant?
    Cordialement,
    Un enseignant vosgien

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