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mardi 6 décembre 2016
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Compte-rendu des Disq’uteurs d’octobre « Les compositeurs de musiques de films »

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Par A. Bouhier

Focus sur John Williams,Ennio Morricone, Zbigniew Preisner … et les disques apportés par les participants du jour.

Ep4_OSTJohn Williams. Son nom ne vous dit peut-être rien. Il a pourtant composé plus de 500 musiques films. Vous ne voyez toujours pas ? Alors citons parmi ses compositions les plus célèbres, les musiques de Star Wars, Les dents de la mer, E.T., Indiana Jones ou encore Les 3 premiers volets de la saga Harry Potter. Vous voyez déjà mieux.

Ce compositeur de musique classique a également écrit pour l’investiture du président Obama. On lui doit aussi les musiques de 4 jeux olympiques, de nombreuses œuvres classiques à la demande d’orchestres… Né en 1932 aux Etats-Unis, il est le compositeur le plus nommé aux oscars et également le plus primé.

Nous écoutons donc la musique de Star Wars pour ce qu’elle est : une symphonie pour grand orchestre. A l’image des grandes symphonies de nos auteurs classiques, Star Wars propose deux thèmes mélodiques dans le premier mouvement, qui seront ensuite développés tout le long de l’œuvre.

Pour illustrer les scènes du film, des passages ont donc été choisis et associés aux scènes, sans qu’ils aient été composés au départ pour les

illustrer spécifiquement.

On ne présente plus Ennio Morricone, compositeur et chef d’orchestre lui aussi de musique classique. Ce sont d’ailleurs ses activités principales, bien qu’il soit connu avant tout pour avoir composé les musiques des films de Sergio Leone ou de Bernardo Bertolucci, pour ne citer qu’eux. Citons aussi les incontournables « here’s to you » du film « Sacco et Vanzetti » interprété par Joan Baez ou encore « Chi May », le thème orchestral du film « Le Professionnel » pour avoir un aperçu varié de ses compositions.

Contrairement à John Williams, ce compositeur travaille distinctement pour le cinéma ou pour orchestre. Il parle d’ailleurs de « musique appliquée » lorsqu’il veut illustrer un film ou de « musique absolue » lorsque ses œuvres sont destinées à être jouées en concert ou gravées sur disque.

Nous écoutons les musiques du « Bon, la Brute et le Truand », du « Professionnel  » ou de  » il était une fois en Amérique ». Des mélodies qui, de toute évidence, font partie de la mémoire collective !

André Hossein n’a pas la notoriété de son fils Robert. Il composa pourtant dans l’ombre de nombreuses musiques pour ce dernier, parfois même sans être cité, ou sous le pseudonyme d’André Gosselain. Né en 1905 en Russie, il composera de 1956 à 1981, principalement pour son fils, mais aussi pour Frédéric Dard, Marcel Camus. La quasi-totalité de ses œuvres sont dédiées au cinéma. Elles sont écrites presque exclusivement pour de petits ensembles de jazz à l’image du Modern Jazz Quartet.

La Musique de « Toi, le venin », film de Robert Hossein de 1959 et que nous écoutons, n’échappe pas à la règle. Un 45 tours 4 titres d’époque au swing entraînant. La présence d’une trompète bouchée évoque inévitablement Miles Davis et le jazz américain, très en vogue à cette époque en France.

Pour information, les titres de ce 45 tours sont à l’écoute via La Mallette

Numérique, l’outil de ressources en ligne de votre médiathèque préférée !

Il compose spécifiquement ses musiques de films après avoir vu les images. Le polonais Zbigniew Preisner est autodidacte. Né en 1955, il est surtout connu pour ses nombreuses collaborations avec le cinéaste Krzysztof Kieślowski. Seules 3 de ses œuvres ne sont pas destinées au cinéma. Honoré de deux César ( musiques d’ « Elisa » et de « Trois Couleurs »), puis d’un Ours d’argent à Berlin (« The Island on bird Street »), ce compositeur discret est aussi connu pour les musiques de « La Double vie de Véronique » ou encore du « Décalogue », série de 10 téléfilms de Kieślowski.

Comme de nombreux compositeurs pour le cinéma, il crée d’abord un thème qu’il décline ensuite dans de courtes séquences d’illustration sonores.

Nous écoutons un extrait de « La double vie de Véronique ». L’écoute le rapproche clairement de compositeurs tels qu’Arvo Pärt ou Veljo Tormis, tous deux d’origine slave, contemporains et associés aux compositeurs minimalistes. L’utilisation de voix de femmes cristallines ou encore d’enfants est l’une des marques de fabrique de ce compositeur.

Place à la musique du « Prisonnier D’Azkaban », le second volet de la saga Harry Potter. Ces ambiances magiques et inquiétantes nous révèlent un aspect radicalement différent de l’écriture de John Williams.

Résolument plus moderne et éloignée des œuvres symphoniques pour orchestre, l’écriture atonale évoque les pièces des grands compositeurs du début du XXe siècle.

Nous visionnons un extrait du film « La passion de Jeanne d’Arc », de Karl Théodore Dreyer (1928), dont la musique que l’on retrouve sur la version DVD actuelle a été composée par Jesper Kid et Ole Schmidt. D’autres bandes-son existent suivant les éditions, puisqu’ à l’époque de sa sortie, ce film est entièrement muet et silencieux. Il était donc accompagné lors de ses projections soit par un petit orchestre, soit le plus souvent par un pianiste seul, qui devait alors illustrer en direct les différentes scènes. L’écoute nous montre qu’à l’évidence, les musiciens ont procédé de la même manière et la musique colle immanquablement aux images.

Rendez-vous le mois 7 Novembre pour  « Les clés de l’écoute ».

Pour ceux qui l’auraient manqué, le compte-rendu de la session de septembre : disq__septembre_2015




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