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lundi 5 décembre 2016
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Le patois : un héritage qui se perd Une langue qui fait pourtant partie intégrante du patrimoine local

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Samedi matin avait lieu l’assemblée générale de l’Académie de Patois local qui a vu l’élection d’un nouveau président en la personne de Serge Renoux.

IMG_0827-WEBEn effet, comme le rappelait Yvon Martin en ouverture de la séance, les académiciens avaient eu la tristesse de perdre leur emblématique président Pierre Gégout cette année. Il fallait donc lui trouver un remplaçant pour reprendre cette fonction au sein du bureau en compagnie de Michel Tisserant et Yvon Martin. Force est donc de constater que les effectifs diminuent encore et toujours, mais heureusement, les nouveaux membres qui rejoignent l’académie sont très fidèles aux réunions de travail du mercredi, à l’image de « Vévette », Claude, Jean-Marie, Maurice et surtout le jeune retraité Doudou qui apporte son dynamisme et sa passion.

Pour autant et comme l’a rappelé Yvon Martin, le déclin des langues qui s’est amorcé à partir du 20ème siècle n’a pas épargné la région. Dans le massif Vosgien, une centaine de locuteurs ont néanmoins conservé leurs traditions et leur patois, le patois roman. Les experts distinguent 5 variantes vosgiennes parmi les 18 aires dialectales répertoriées en Lorraine romane, mais toutes ont la même origine : le latin populaire des centurions romains que l’organisation administrative avait imposé en Gaule. L’accent est souvent responsable qu’une voyelle remplace l’autre, à l’image de nos tôfailles qui deviennent des toffoilles au Donon.

IMG_0821-WEBTous les pays d’Europe ont signé la charte des langues régionales et minoritaires sauf un. Vous l’aurez deviné, il s’agit de notre bonne vieille France… Le conseil des ministres avait donné son feu vert d’adhésion, mais le sénat vient de s’y opposer, la majorité des 5/3 pour faire adopter le projet n’a pas été atteinte. Raison principale évoquée : la nécessité de faire appel à des interprètes serait trop coûteuse ! Cela laisse songeur… Pourtant, comme le précisait Yvon Martin, on constate que de plus en plus, des peuples reviennent à leurs racines pour mieux vivre le présent et préparer l’avenir : « le trait d’union est la langue régionale. Les bonnets rouges avaient dit : parle breton ou ferme ta g… ! ».

Et de poursuivre : notre langue romane va s’éteindre comme plus de 200 langues chaque année, pourtant elle fait partie de notre patrimoine oral. Heureusement, d’autres luttent pour sauvegarder d’autres éléments du patrimoine : les recettes de grand-mère, les plats typiques, les chefs d’œuvre architecturaux, et le souvenir de tous ceux qui, dans le massif, ont perdu la vie pour sauvegarder la nôtre : des plaques, des stèles et des monuments le rappellent ». C’est d’ailleurs à ce sujet qu’André Debruyne, représentant du Souvenir Français et du Sentier de la Mémoire, a détaillé les objectifs de ces deux organisations en fin de séance.

L’Académie de Patois, c’est aussi et toujours et des réunions et des sorties tout au long de l’année qu’a détaillé Michel Tisserant. Chaque premier mercredi du mois, ils étaient ainsi entre 10 et 15 à se réunir à l’Espace Tilleul pour écrire et surtout converser en patois sur différentes thématiques parfois en lien avec la saison. Les patoisants ont également participé à différentes rencontres comme les tables de Salles, le colloque à Fréland, la table du Ban de la Roche ou encore une participation à la messe en patois au Girmont-Val-d’Ajol. Cela n’est pas exhaustif mais constituent les grandes de ligne de l’année passée à  laquelle devrait ressembler à peu de chose près l’année 2016. On n’oubliera pas non plus l’épiphanie avec la traditionnelle galette et le jus de pomme !




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