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vendredi 9 décembre 2016
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Morts de froid il y a 50 ans Il y a 50 ans, Jürgen Kubler et Thomas Retter deux jeunes randonneurs allemands inexpérimentés s'étaient perdus dans une tempête de neige.

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Monument_du_sommet_du_Rothenbachkopf

Ceux qui sont déjà allés au Rothenbachkopf ont peut être remarqué cette croix de bois sur le versant nord avec une inscription en Allemand mentionnant deux noms, Jürgen Kubler et Thomas Retter et une date, 28 décembre 1965. Ces deux jeunes randonneurs allemands inexpérimentés, perdus dans une tempête de neige, y sont morts de froid il y a 50 ans.

Jürgen et Thomas sont arrivés le 26 décembre 1965 à Mittlach, dernier village au fond de la vallée de Munster. Ils sont accompagnés par Manfred Lenkner et Dietmar Kladtke qui sont comme eux originaires de Stuttgart en Allemagne.
Avec ses 20 ans Jürgen est le vétéran de groupe tandis qu’à 16 ans Thomas est le plus jeune, leurs compagnons ont 17 et 18 ans.

Le 27 décembre au matin, ils partent vers le refuge du Rainkopf qu’ils pensent atteindre avant la nuit malgré les mises en garde des habitants de Mittlach chez qui ils ont passé la nuit. En effet, la météo est mauvaise et selon les locaux, elle risque encore d’empirer dans la journée. On les voit pour la dernière fois alors qu’ils se dirigent vers le lac D’Altenweiher.

En début d’après midi, la météo se dégrade rapidement, la neige commence à tomber dru alors que le vent se lève, la température environne les -5°C, la visibilité est nulle : le groupe s’égare entre le Rainkopf et le Rothenbachkopf.
Décision surprenante, ils décident de s’arrêter et de camper au sommet du Rothenbach, à plus de 1.300 mètres. Comme tous les sommets des crêtes, le Rothenbach est balayé en quasi permanence par un vent violent. En hiver, le précipice est caché par des corniches de neiges qui ont couté la vie à de nombreux skieurs.

Thomas a peut-être été victime de ces corniches. En pleine nuit, il chute de plusieurs mètres puis est remonté par ses amis qui s’endorment ensuite. Quand Manfred et Dietmar se réveillent, ils se rendent compte que leurs amis sont morts, de froid apparemment. Avec la lumière du jour, ils se rendent compte qu’ils sont établis au bord d’un précipice. Epuisés, ils tentent alors de descendre, ils sont aperçus par un officier commando de réserve qui se rendait au centre commando du col des Feignes et qui se porte à leur secours.

Après avoir constaté le décès de Jürgen et Thomas, il ramène les survivants au centre commando qu’ils atteignent en début d’après midi. Les corps ne sont retrouvés qu’à 17 heures par les militaires du centre et les gendarmes, sous une épaisse couche de neige tombée entre-temps.

Le drame est la conséquence d’une succession d’erreurs : méconnaissance de la montagne, sous-estimation du danger représenté par les Vosges (dont la situation géographique fait que les conditions au Rothenbach sont équivalente à celle d’un sommet de 2500 mètres dans les Alpes !), non prise en compte des conseils des locaux et ainsi de suite.

La croix visible aujourd’hui a été placée un an plus tard par les militaires du centre commando.




3 réactions sur “Morts de froid il y a 50 ans

  1. Schaffhauser Alain

    le Rothenbach une montagne dangereuse, j’ai été fermier-aubergiste pendant 20 ans la haut, j’ai affronté le brouillard, la tempête, la foudre, ce n’est pas du cinéma. J’ai vu des gens, des animaux foudroyés, des accidents de la route, des gens égarés, il faut avertir les promeneurs que toute imprudence peut être fatale. Rien ne résiste aux éléments des morts il y en a d’autres dans d’autres circonstances.

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  2. Christian Duguet

    « dont la situation géographique fait que les conditions au Rothenbach sont équivalente à celle d’un sommet de 2500 mètres dans les Alpes !»

    Cette comparaison n’a aucun sens ! On peut aussi dire que les conditions climatiques de ce sommet en cas de tempête de neige sont semblables à celle d’une plaine sibérienne en plein blizzard.

    Ce qui compte c’est le climat, pas l’altitude. Dans le cas présent -5 degré + tempête de neige. C’est valable partout et la morphologie de la montagne est nullement en cause. Les hauts plateaux du Jura sont parfois dans la même configuration et on n’est pas à 2500m.

    Pour sécuriser l’endroit, notamment en cas de brouillard, il faudrait simplement y mettre davantage de repères visuels (genre fléchage du club vosgien). Mais en cas de tempête et de grand froid, rien d’autre à faire.

    Ces pauvres jeunes gens ont été surtout victimes de leur ignorance (avec un peu d’inconscience). C’est cela qui est triste, pas la montagne.

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    1. CLN

      c’est bien ce qu’il est expliqué…1000 m dans les vosges ou le Jura..équivalent 2500 m dans les alpes(humidité en moins..) on ne dit pas le contraire il me semble.. il fait néanmoins plus froid en altitude sous nos contrées.. et l’effet du vent lié à une T° négative accentue le froid ressenti.. pour le reste on choppe un MAM souvent bien plus bas que dans les idées reçues.. et on peu mourir de froid à 400 m d’altitude …bien entendu si on est dans des T° basses et que l’on s’endort et que et que.. etc;.. on est faible..

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