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dimanche 19 nov 2017
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Ski – Tourmente financière au comité régional des Vosges

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En assemblée générale ouverte au public vendredi à Gérardmer, Michel Vion, le président de la FFS, a fait le point sur le “manque de documents comptables de la saison 2015-2016” et un “détournement de fonds” au sein du comité régional du massif vosgien de ski.

Depuis que Mathieu Kléthi, son président pendant 9 ans, a démissionné le 9 octobre 2015, le comité régional du massif vosgien de ski bruissait de nombreuses rumeurs. Il se posait d’autant plus de questions qu’en assemblée générale de fin de saison, le 4 juin 2016 à Saint-Maurice-sur-Moselle, Jean-Marc Villemin avait dû différer le vote des comptes. Une première dans l’histoire de l’institution que le nouveau président avait mis sur le compte d’une réorganisation financière. En octobre, il avait fallu à nouveau reporter ce passage obligé et c’est finalement ce vendredi 3 février 2017 à Gérardmer, que le CRMVS s’est retrouvé en assemblée générale. En pleine saison, une autre première, mais l’heure était suffisamment grave pour qu’il en soit ainsi comme les 110 clubs présents ou représentés (sur 133) l’ont compris. La vérité a fini par éclater lors du rapport des comptes 2015-2016 clos au 30 avril. Jusqu’à cette date, ils ont continué d’être gérés par Fernand Kléthi (le père de Mathieu Kléthi), le trésorier depuis 1972, quand il a démissionné à son tour.

Avant la présentation des comptes, Jean-Marc Villemin a demandé à la presse de… quitter la salle. Sous la pression de son auditoire, il s’est finalement ravisé. “Est-ce que nous avons des choses à cacher ?” s’est insurgé son vice-président Hubert Gourguillon, président de la section ski alpin de l’AS Gérardmer.

Venu à la rescousse, Michel Vion, le président de la Fédération Française de Ski, n’a pas usé de la langue de bois. Il a délivré deux informations. La première, “il nous manque la moitié des documents comptables de la dernière saison et les grands livres. Quand j’ai appelé Mathieu Kléthi en appel neutralisé en octobre 2016, devant quelques témoins, je lui ai pourtant laissé jusqu’au 15 novembre pour les retrouver. On demande des subventions aux collectivités et derrière, il n’y a pas de document clos car on n’a pas les pièces”. Un constat en totale contradiction avec le courrier daté du 2 février 2017 que Fernand Kléthi a fait lire par son successeur Christophe Chesneau. L’homme de 89 ans y affirme notamment “Les grands livres et les classeurs ont été transmis au comité à Cernay le 30 avril 2016”.

Jean-Marc Villemin enfonce le clou : “Au comité, on a cherché ces documents, sans succès. On est incapable, pour l’ensemble des commissions, de connaître les comptes exacts. En fonction des éléments transmis, nous avons demandé à un cabinet d’expertise comptable de tirer une situation”. Le nouveau boss du ski vosgien l’admet sans détour, “le passif que l’on a est absolument infernal”. Mais aujourd’hui, il veut tourner la page. “Laissons les choses du passif au passé. Choisissons d’aller vers la stabilité mais il faudra à un moment accepter des choses inacceptables”.

A l’issue de la litanie de chiffres, l’expert a présenté un résultat final déficitaire de 947 euros. Il a aussi et surtout dévoilé un emprunt bancaire qui se chiffre actuellement à 121.000 euros suite à différentes acquisitions de l’ère Kléthi. “Nous avons déjà vendu un véhicule et peut-être , bientôt, un deuxième et toutes les commissions seront abondées à 90 % de leur dotations” a rassuré Jean-Marc Villemin. A 2 voix contre, 2 abstentions, l’assemblée a majoritairement adopté de voter ce budget tronqué et de se tourner résolument vers l’avenir.

« Un chèque de compensation signé en deux minutes et réglé en deux heures »

Deuxième information, révélée par Michel Vion au fil de cette AG ouverte au public, “l’an passé, lors de deux réunions, on a évoqué pourquoi Mathieu Kléthi a été contraint de démissionner, ce qu’on lui reproche. Nous avons eu l’intelligence de régler à l’amiable un détournement de fonds. Mathieu Kléthi a signé en deux minutes un chèque de compensation qui a été réglé en deux heures. Dans la transaction, il y a un montant important, c’est qu’il y a du dégât. Si on avait voulu être méchant, on aurait pu”.

Et Michel Vion de poursuivre  “Il n’y a pas de chasse à l’homme mais la FFS n’a pas l’intention de rester inactive sur l’action personnelle de Mathieu Kléthi qui est toujours juge-arbitre. Par rapport à la transaction signée, il agit de manière irrespectueuse, son comportement d‘octobre et de novembre et de l’an passé, aux Journées françaises de Mellau, est intolérable. Moi, je n’ai rien signé en transaction. Le Procureur d’Annecy se fera un plaisir de traiter un bon dossier. On lui reproche de tenir des discours contre l’équipe actuelle. On a du mal à entendre qu’il envisage de remonter une équipe avec des projets après ce qui s’est passé. Cela fait un an et demi qu’on a été d’une grande tolérance”.

David Jeangeorges

Le 70 et le 90 resteront dans le giron vosgien

En préambule de l’examen des comptes, la nouvelle secrétaire Martine Peter a livré des chiffres rassurants malgré l’arrivée tardive de la neige en janvier 2017. En effet, au 31 décembre 2016, le nombre de cartes-neige loisirs et de cartes-neige dirigeants-compétiteurs se chiffrait à 9.226. “Nous sommes à 88 % du résultat final de la saison 2015-2016 avec 10.412 titres. Il nous reste deux mois et demi pour y arriver”.

Après les comptes, Michel Vion a abordé la réorganisation territoriale et l’obligation d’être en conformité avec les régions administratives applicable dès le 15 octobre 2017. “D’ici juin, on aura trois réunions pour s’assurer d’arriver à Paris avec des dossiers ficelés. Le fonctionnement restera identique. Par contre, l’idée est de créer des ligues régionales dont l’interlocuteur sera la DRJS”.

Trois exceptions ont été actées dont l’une au sein du CRMVS avec le rattachement de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. “C’est également le cas dans deux autres régions pour l’Ain et pour les Hautes-Pyrénées. On va défendre une logique de massif. On mettra en avant des arguments liés à l’histoire. Une chose est certaine, la Région Bourgogne-Franche-Comté ne subventionnera pas. On va voir en revanche si les subventions de ces départements du 70 et du 90 rattachés à un autre comité régional que leur région administrative sont éligibles auprès des conseils départementaux. Mais dans l’Ain, le département a déjà dit non”. 

D.J.




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