Search
vendredi 16 nov 2018
  • :
  • :

Django : le premier guitar hero Un mythe, une époque, une communauté et surtout de la musique

image_pdfimage_print
Etienne Comar, Reda Kateb et Cécile de France

Etienne Comar, Reda Kateb et Cécile de France

Après les sommets de déprime du film portugais « Saint Georges » hier à la même heure, place à un peu de musique ce jeudi avec « Django », premier film d’Étienne Comar en tant que réalisateur.

Reda Kateb impeccable dans le rôle de Django

Reda Kateb impeccable dans le rôle de Django

Certes, de la musique dans un contexte un peu particulier, à savoir l’occupation allemande qui n’avait rien à voir avec Disneyland. Mais de la musique quand même, ça fait du bien ! Pour son premier coup, Étienne Comar souhaitait aborder un sujet qui lui tenait tout particulièrement à cœur. Et il n’a pas forcément choisi la facilité, car avec un musicien et un personnage de la trempe de Reinhardt, la pression est importante, que ce soit de la communauté tzigane ou même  celle du petit monde de la musique en général. On ne va pas se mentir, Django est une légende, un mythe, le premier « guitar hero » aux yeux (et aux oreilles) de bon nombre de ses pairs, rien de moins !

Étienne Comar a néanmoins choisi une époque particulière de la vie de cet artiste, celle de sa fuite en Suisse. Une période trouble où le tout puissant musicien devra faire face à la réalité de la guerre. Une guerre qui n’est pas la sienne, qui n’est pas celle des tziganes qui n’ont d’ailleurs jamais fait la guerre et qui pourtant la subisse de plein fouet. La communauté aura payé un lourd tribu et ce film a la qualité d’aborder le sujet, trop souvent laissé aux oubliettes lorsque 39-45 arrive sur le grand écran. Au début du film, Django Reinhardt lui-même ne saisit pas exactement ce qui se passe, il peine d’ailleurs à avoir de l’empathie avec ce que vit sa communauté qui n’est autre qu’une véritable persécution.

cécile de franceIl lui faudra l’aide du personnage de Louise de Klerk, interprété par Cécile de France, ainsi que l’expérience  d’événements douloureux pour ouvrir les yeux. La belle Louise, un personnage central, insaisissable, fragile et courageux à la fois, inspiré des femmes des années 30 et dont les apparitions sont toutes sublimes. Excellent travail de Cécile de France une fois de plus, et il faut dire que l’alchimie aura été bonne avec Reda Kateb, acteur principal incarnant Django Reinhardt. « Ils ont finalement des parcours un petit similaire, tous deux ont rapidement voulu faire preuve de leur talent et ont pour cela diversifié leurs pratiques : ses rôles pour Reda et sa musique pour Django » , précisait de façon très élogieuse Étienne Comar. « Django ne connaît pas la musique, la musique le connaît… » , reprendra ainsi Reda Kateb.  C’est d’ailleurs elle qui guide l’action du film.

Alchimie il y aura eu également avec les autres acteurs professionnels et amateurs du film. A commencer par la communauté gitane de Forbach qui a très bien accueilli l’équipe du film tout en rappelant à son réalisateur l’importance de la mission, de l’objectif qu’il s’était fixé. Une communauté qui a su entourer Reda Kateb et auprès de laquelle l’acteur a pu puiser des ressources (mention spéciale à Bimbam Merstein, mère de Django à l’écran). « Je ne voulais pas être tenté de faire un travail d’imitateur, je devais créer un personnage. (…) Je savais aussi que Django aimait Clark Gable. On s’imagine souvent comme on est pas, lui avait une réelle timidité par exemple. Cela m’a donné des pistes pour travailler… » , explique l’acteur qui a manifestement réussi son coup lui aussi. C’est en tout cas ce que l’on pouvait pressentir dans la salle du casino jeudi après-midi. Pour vous faire votre propre avis, il faudra patienter jusqu’au 26 avril, date de sortie du film !




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.