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vendredi 22 sept 2017
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Des œufs, du swing et du swag : joyeuses Pâques ! La compétition est rude, mais le jeu en vaut la chandelle.

Vendredi, j’avais décidé de partir en quête de poules et autres lapins chocolatés. Offrir quelque douceur pascale, peine perdue. Certes, le vendredi Saint est férié : pas un chat à la ronde, bien trop affairé à la maison, à préparer ce long week-end de festivités. Surtout, en Estonie, la coutume est tout autre. Head ülestõusmispüha*.

 

Munapyhad, sacrés œufs !

En Estonie, à Pâques, si les chocolats sont bienvenus, les cloches sonnent… creux ou pas du tout. Même si le carême se veut rigoureux et silencieux. Ici, les « vrais » œufs (muna, en estonien) sont à l’honneur. Symboles de fertilité et d’abondance, porte-bonheur, on les offre, on les traque (dans la maison), on les joue, on les gagne, on les expose sur la table de bombance, parfois dans un nid d’osier. Surtout, on les teints.

Agrémentez vos habitudes pascales. D’abord, teintez vos œufs à l’aide de pelures d’oignons, de feuilles de bouleau ou de jus de betterave : la recette est ici. Pour leur donner meilleure odeur, meilleur goût ou meilleure mine, déposez-les sur une fourmilière, qui y laissera sa trace. Ces œufs extraordinaires constituent un cadeau d’exception, réservé à un être cher. Ensuite, conviez les chatons à votre table : disposez ici et là baguettes de saule, de bouleau ou de noisetier en fleur. Parachevez les agapes avec une partie de Munade Koksimine. La règle : cogner les œufs de vos adversaires, sans casser les vôtres (il y a une astuce, mais commencez par proscrire les œufs frais). Sinon, tentez la pétanque Seto : organisez dans le jardin une compèt’ d’œufs roulés (si possible sur terrain douillet). Le principe est le même : tirez, pointez, cognez les munitions de vos adversaires. Délicatesse oblige : votre coquille est fendue, vous avez perdu.

 

Kiigepühad, les vertiges de Pâques.

À Pâques, ragaillardi, on part en chasse ! Autrefois, garçons et filles s’échangeaient des œufs, une parade nuptiale en quelque sorte. Récolter un maximum de spécimens signifie donc que vous en avez… dans le pantalon. À vos paniers.

En pays Seto, on racole autour de la balançoire (kiik, en estonien), fraîchement levée par les mâles. Force et… dextérité sont généreusement honorées par ces dames, impatientes de prodiguer leurs œufs. Ensuite, en piste : garçons et filles se balancent en chantant. Imaginez la scène, romantique et vaporeuse, se balancer au creux d’un arbre, ce nid de verdure, les jupes légères flottant au vent. Détrompez-vous. Les Kiik, que vous apercevrez dans les villages du Sud, sont des attractions spectaculaires. De quoi vous envoyer… en l’air ! Très populaires encore de nos jours, elles ont inspiré, dans les années 90, l’invention du kiiking, ce sport 100% estonien des plus… acrobatique. Ça décoiffe !

 

Après Urbepäev, une semaine sainte dédiée au grand ménage de printemps, un vendredi tellement saint que même les feuilles ne quittent l’arbre, Pâques est un événement populaire majeur. Au-delà de sa connotation religieuse, il revêt un sens autrement actuel : la reprise des relations sociales, mises au placard pendant l’hiver. Rendez-vous samedi prochain !

Clarisse B. / Voyage à Reculons

* Joyeuses Pâques, littéralement bonne résurrection.

Le kiik, la balançoire seto. Crédit : www.estonianworld.com

Le kiik, la balançoire seto. Crédit : www.estonianworld.com.




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