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jeudi 23 nov 2017
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Dunkerque : la bataille et le film vus par Emmanuel Garnier Un petit souci de météo...

Nouveau ciné-débat, nouveau thème et nouvel invité samedi soir à la MCL qui accueillait Emmanuel Garnier, historien et directeur de recherche au CNRS. Ce dernier était chargé d’introduire le film « Dunkerque » de Christopher Nolan et de répondre aux questions du public.

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Emmanuel Garnier a présenté le film et la bataille au public venu nombreux.

Pour commencer, il est intéressant de noter que pour Emmanuel Garnier, de retour à Gérardmer dans le cadre d’un ciné-débat, la bataille de Dunkerque et l’opération « Dynamo » sont l’exemple typique d’une double lecture de l’histoire : « Pour la France, on peut presque dire qu’il n’y a pas de lecture du tout car il s’agit du début de la fin, de la défaite de Juin 40. Alors que pour les Anglais, c’est quelque chose de relativement positif car ils sauvent leur armée et c’est ce qui permettra entre autre de contre-attaquer plus tard. C’est un peu le miracle de Dunkerque » explique l’intervenant du jour.

Mais la première question reste tout de même comment plus de 400 000 soldats alliés se sont retrouvés bloqués sur les plages de Dunkerque en mai 40 ? « On n’a pas du tout anticipé cette guerre du côté de la France et des Alliés, on n’a pas anticipé ce qu’elle serait, on avait vraiment une vision dépassée de la guerre, avec notamment ce que l’on appelait « la guerre de position ». Du coup, en France, on se contente de regarder et d’attendre pendant près de 10 mois, alors que nos alliés Polonais se font dépecer par l’Allemagne. C’est ce que l’on appelle « la drôle de guerre. Et c’est la percée de Sedan par les Ardennes qui piégera, qui enfermera les troupes alliées à Dunkerque », résume brièvement Emmanuel Garnier.

Pour ce qui est de l’épisode traité dans le film, l’historien décrit « un épiphénomène assez représentatif et surtout un bel exemple de patriotisme : « C’était un risque utile pour la suite de la guerre et il fallait faire appel des embarcations plus petites car il n’y avait pas de quai à Dunkerque. C’est pour cela que des bateaux civils ont été mis à contribution. Il y a d’ailleurs quelques civils belges et hollandais qui ont participé à l’évacuation. Au total, ce sont près de 340 000 hommes qui ont pu regagner l’Angleterre dont 120 000 Français ».

Le réalisateur Christopher Nolan a donc pour sa part choisi de traiter un fragment de l’opération Dynamo, « avec une vision très britannique, peu d’effets spéciaux, beaucoup de matériel d’époque et un certains côté artisanal dans la production. Il a fait appel à plus de 2 000 figurants et il y avait certains prises de vue avec une quarantaine de bateaux ! » explique Emmanuel Garnier qui était à Dunkerque pendant le tournage du film. A ce sujet, il a relevé avec un brin d’humour mais l’œil de l’expert que l’une des erreurs les plus notables dans le film concernait la météo : « Il a été tourné alors qu’il faisait vraiment mauvais alors que le succès de l’opération tient aussi du fait que la météo était clémente il a fait beau pendant quasiment toute la période de l’évacuation ! ».

Pour ceux qui ont vu « Week-end à Zuydcoote » de Verneuil, on remarquera en effet que le soleil est de la partie. Hormis ce point sur la météo, la partie de la bataille de Dunkerque traitée par Nolan est plutôt fidèle à l’Histoire. Le réalisateur reconnaît lui-même qu’il a dû s’adapter sur quelques points comme le nez jaune des chasseurs allemands qui est anachronique mais permet de suivre plus facilement les combats aériens. Un destroyer français a été « maquillé » pour faire office de destroyer britannique. Bref, cela valait le coup de voir ou revoir en V.O ce film, surtout avec les éclairages d’une pointure comme Emmanuel Garnier, qui sait de plus se mettre au niveau du novice en matière d’histoire. Merci à lui !




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