Search
mercredi 23 mai 2018
  • :
  • :

Adieu « Quincaille », je t’aimais tant C'est La Tour Eiffel gérômoise qui s'en va

image_pdfimage_print
q8

Françoise et Cyril Noël avec une cliente

Gérômois géromoises, vacanciers et vacancières amoureux de Gérardmer en tout genre ou simples acheteurs, sortez vos mouchoirs. Et si vous êtes insensibles au temps qui passe, pincez vous très fort, la Quincaillerie de la Vologne ferme ses portes le 31 mars prochain. La « quincaille » comme l’appellent les « gens d’ici » est une véritable institution, un monument, « La Tour Eiffel gérômoise » dixit une cliente qui pleure déjà son magasin fétiche. Et c’est ainsi pour des milliers de personnes qui visitent la famille Noël installée dans le lieu depuis le 1er aout 1978, lorsque  Yvan (décédé en 2017) et Françoise reprennent l’affaire de Henri Robert. Ce dernier avait transféré la boutique de la place de l’église  au boulevard  Kelsch  en 1972. L’échoppe était la continuité de l’établissement créé à Granges d’où le nom de Vologne associé à l’enseigne. Plusieurs propriétaires se sont succédés : Lechemelle, Étienne…et sans doute d’autres encore ! Le point final de l’exploitation de la « Quincaille » se fera dans quelques semaines au 9 boulevard Kelsch là même où les vieux gérômois ont encore en mémoire l’Hôtel-Restaurant « La Taverne Ancel », un dancing à la mode d’autrefois ( voir photo de la « pancarte » de l’époque).

C’est plus qu’une page qui se tourne, c’est une idée, une vision de la vie, une conception du commerce  qui disparait. Une phrase, une expression passées dans le langage courant. « Je cherche un plane à deux mains »… »Ben t’as qu’à aller à la quincaille« . … »J‘ai besoin d’un produit pour faire disparaitre des taches sur mon pantalon »... »ben t’as qu’à aller à la quincaille« … Les semelles de mes chaussures sont foutues« … »ben t’as qu’à aller à la quincaille« . Même dans les familles la réplique est devenue célèbre « Dis chérie tas pas vu les clefs de la voiture »… »ben t’as qu’à aller les chercher à la quincaille » Ambiance ! Et ainsi de suite sur les 10 000 articles référencés dans cette véritable caverne d’Ali Baba. Et dans le baba, on a tous eu la surprise de trouver l’introuvable…Oui dans le baba, sans rhum et sans Ali, mais aujourd’hui avec Françoise et son fils Cyril qui mettent la clef sous la porte  après presque 40 ans de bons et loyaux services.

« Il faut savoir arrêter  » souligne la patronne » l’affaire n’est plus viable et n’est pas vendable. L’activité représente trop de travail, trop de stock, trop de loyers. Malheureusement on est le mouton à 5 pattes du commerce local. Les gens nous ont pris pour l’épicier du coin, le dépanneur alors que nos tarifs pour des produits de qualité ne sont pas plus chers qu’ailleurs. Mais c’est ainsi, c’est aussi le résultat de la politique d’aménagement des agglomérations avec l’installation des zones commerciales au détriment des centres ville ».

Fermé le ban pour Françoise qui se retire sans regret même si l’heure n’a pas encore tout à fait sonné.  Les yeux de la septuagénaire vont pourtant s’embuer de larmes progressivement. Les derniers jours de la Quincaille  seront forcément très durs pour celle qui a tout donné en 4 décennies. Il restera la liquidation totale de l’enseigne qui verra « débouler » des acheteurs de toute la France comme c’est le cas depuis toujours. Pour trouver de la vaisselle spécifique, des poteries , des lampes berger, de la visserie, de la peinture, de la serrurerie, de la cordonnerie, des produits d’entretien, des outils incroyables mais vrais, il faudra prendre la direction de la « coopette » de Corcieux, où Cyril va s’installer dans les prochaines semaines avec tout son savoir-faire. Quand la nostalgie nous touche, on repense à l’Avenir Agricole, aux odeurs de cire, de graisse à traire, de foin, de bois vieilli, de grain, à tous ces petits commerces comme naguère qui disparaissent . La Quincaille est l’exemple même du temps qui s’écoule inexorablement. C’est bien dommage. Adieu Quincaille, je t’aimais tant !

q10




20 réactions sur “Adieu « Quincaille », je t’aimais tant

  1. Schmit

    Trop triste….. Un commerce comme nul autre et des propriétaires qui géraient cette caverne d’Ali Baba comme nuls autres également. L’introuvable, on le trouvait à la Quincaillerie … C’est une partie de notre vie qui partira avec ce commerce.
    Un grand merci, beaucoup de reconnaissance et une bonne retraite méritée à Madame Noël . Et bonne continuation à Cyril …

    répondre
  2. Immo g

    Et bien !!! Cela va nous faire un grand vide à gerardmer !! Ou vas t on trouver aujourd’hui nos piles rarissimes ? Nos clefs d autrefois ? Bonne retraite et merci pour cette magnifique boutique unique et sans doute la dernière sur gerardmer centre !

    répondre
  3. Monica

    Une page qui se tourne… que te magnifiques souvenirs de mon enfance et d’après bien évidemment on trouvait tout c’était magique! Bonne retraite à Mme Noël et bonne continuation à son fils vous allez bien nous manquer !

    répondre
  4. Lionel G

    et si…
    soyons fous, sauvegardons notre patrimoine Geromois !
    imaginons un collectif, si chaque personne est prêt à investir une modique somme (de 10 a 100€), voir investisseurs mais pas des profiteurs, que celui qui investira n ira pas acheter ses piles, ses casseroles, et des produits introuvables chez Su, Mh, Ié, et autres grandes surfaces, il y a des produits de qualité, un site internet, de la pub, si la mairie, si le loueur, si le geromois de base, si le touriste, si et si, on pourrait garder le fils à la tête de la société, prendre des stagiaires
    bref, continuer à faire vivre et survivre un vrai commerce
    MAIS IL FAUDRA JOUER LE JEU DU COMMERCE DE PROXIMITE
    ce que chaque français dit me ne pratique pas…
    si jmv le pro du coin m écoute, voila une bonne mission….
    alors, et si ?

    répondre
  5. Pearl

    Quelle profonde tristesse d apprendre la fermeture d une institution comme notre quincaillerie que nous aimons tant!! Je préfère les petits commerces des villes que les grandes enseignes des périphéries.. Il y avait le contact humain et chaleureux qui va beaucoup nous manquer. Quel plaisir d’avoir connu un endroit comme le votre, mais ce plaisir n enlève pas les larmes de tristesse.

    répondre
  6. PERROT simon

    Pincez moi ! Je reve plutôt c est un cauchemar !!!
    Ah non ! Une mauvaise blague du 1er avril avant l heure ?

    Mais ça casse tous mes plans cette fermeture ! Moi qui voulais revenir vivre à gerardmer et peut être sans voiture ! Impossible de faire face à tout un tas de situations, sans la quincaillerie de la vologne.
    J ai même entendu récemment dans une enseigne Geromoise, le vendeur dire à son client : “ ah non, on n a pas ça ici, vous pouvez aller à la quincaillerie de la vologne” …
    Et donc ! Que va t il se passer ?
    A l heure où on revient au commerce de proximité plutôt que d aller dans les grandes enseignes..
    Qui va assurer ces services incommensurables aux personnes âgées qui n ont pas deVoiture … car Cyril assure aussi les livraisons bien avant les courses par internet ! Et avec Cyril c est fiable… pas comme nos commandes internet qui arrivent alors Qu on n est pas la, cassées ou ne correspondant pas à ce Qu on a choisi.
    Bon.. a suivre … Cyril ? Tu ne veux pas changer d avis si on fait une souscription et un brainstorm pour quelques innovations? Vite ! Il est encore temps de changer d avis ! Tiens nous au courant on viendra t aider. Visiblement les Geromois seraient prêt à se mobiliser …

    répondre
  7. PIERREL Dominique

    Très bel article, mais c’est bien avant qu’il fallait le faire pour réveiller tous les Gérômois. Ce n’est pas un hommage qu’il faut leurs rendre mais de simples visites accompagnées d’achats. C’est vrai que l’on trouvait l’introuvable, et pas plus cher qu’ailleurs. Encore un commerce de proximité qui disparaît au profit des grandes enseignes. allez trouver 4 boulons de 16×200, ou encore une clé allen de 1, chez Mr X ?. Non! Ou peut être si, 4 vis sous blister là où Cyril t’aurait vendu la moitié d’une boite de 100 pour le même prix.Cela s’appelle le service, c’est ça un vrai commerçant. La « quincaille » s’en va, avec elle ses souvenirs, ses odeurs, et son histoire. Il est bien temps de pleurer, vous n’avez eu que ce que vous cherchez: Des Prix, toujours mieux et toujours moins cher! La seule « petite concurrence » va disparaître de Gérardmer sur un secteur de 40 km, attendez vous donc à encore avoir de la Merde.

    Bonne retraite à madame Noël et bon courage à Cyril.

    PIERREL Dominique

    répondre
  8. Wizard

    Un peu de retenue dans vos propos Dominique Pierrel. Pour l’article et la concurrence. Vous n’avez qu’a reprendre la boutique. Vous pouviez sans doute mieux faire et acheter plus. Vous avez jusqu’au 31 mars pour le faire

    répondre
    1. pierrel dominique

      Merci, j’ai déjà ce qu’il me faut, mon épouse a déjà un commerce de proximité ouvert depuis Mai 2015. Les habitants le réclamait, et depuis, je n’en vois pas beaucoup ou seulement pour du dépannage. Durant le mois de Mars, vous allez voir les « faiseurs de bonnes affaires » ainsi que les liquidateurs débouller; Personne qui ne venait jamais aupparavant. J’ai aussi connu ça lors de la fermeture de la quincaillerie de ma belle-mère dans le Nord de la France en 2001.Donc je sais de quoi je parle.

      répondre
      1. Marielle

        Je suis tout à fait d’accord avec vous Mr Pierrel, je fais exactement le même constat, toujours mieux et moins cher ! bon courage à Cyril et bonne retraite à Mme Noël, c’est clair on vous regrettera !

        répondre
  9. La Mouette

    Grande perte pour les Géromois et Gérardmer. Nous perdons un commerce de proximité de grande valeur ou la compétence, la gentillesse sont permanentes et ou la qualité des produits ne se retrouvera pas dans les  »Grandes enseignes » implantées sur la Commune. Cette situation est bien regrettable, mais c’est la roue de la vie. Merci pour ce que vous nous avez donné et bonne retraite

    répondre
  10. Copin

    En 1975 j’etais A l’Ensimag avec Christian Robert, si ma mémoire est bonne, dont les parents tenaient la quincaillerie de la Vologne…Je ne la connaissait pas, ne l’avait jamais vu mais je me souviens encore de cette étrangeté dont il nous parlait….et de ce nom qui sonne comme une réclame pour un presse purée !

    répondre
  11. Fr. L.

    J’avais pourtant dit, y compris à Madame Noël et à Cyril que, m’étant épanché dans un commentaire quand Monsieur Noël est décédé, je ne reviendrais pas dans cette rubrique accompagner les tristes sincères des autres tant il est difficile pour un client lambda que je suis, de les distinguer… Mais force est de constater que nonobstant toutes les qualités ci-dessus énumérées de tout ce que l’on trouvait à la quincaillerie, et les qualités de la famille du Papa à la Maman en passant par Cyril, voilà bien des années déjà que la fréquentation de cette caverne d’Ali Baba n’était plus ce qu’elle avait été au début des années 80 …voilà bien des années que cette disparition devenait non plus une éventualité impensable mais une possibilité ou une hypothèse et enfin maintenant une certitude….La grande majorité des gens s’en moque et la recherche perverse du moindre prix au détriment du reste a trouvé ici son apothéose, il est désormais trop tard …C’était avant, oui avant et bien avant qu’il fallait ne pas délaisser ce super endroit dont j’ai, en ce qui me concerne, toujours gardé l’habitude de fréquenter, mais, c’est sûr j’en ai été longtemps le voisin! …Bonne retraite à vous Madame Noël et bonne suite à toi Cyril en te souhaitant en plus de trouver une fille sympa à ton image pour fonder une belle famille comme l’a fait ta sœur.

    répondre
  12. Fabrice

    Le monde change et c’est dans l’ordre des choses.
    Mon père travaillait « au Linvosges », place du Tilleul, l’espace Lac accueillait l’aumonerie et mon meilleur ami s’appelait Michel, le fils du quincailler (« de la Vologne »).
    Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
    Restent les bons souvenirs : l’accueil d’Henri et Irène dans les méandres de la quincaillerie.

    répondre
  13. ROBERT Danielle

    Bonne retraite en effet à Madame Noël, et félicitations pour avoir réussi à faire profiter si longtemps les gérômois et gérômoises de ce magasin de proximité que mon père avait fondé boulevard Kelsch. Comme il serait heureux de lire tous ces témoignages de sympathie, lui qui était un « petit commerçant » dans l’âme, tout comme ses successeurs, plus soucieux de rendre service aux clients que d’amasser des bénéfices.
    Salutations amicales à tous ceux que nous avons connus, les copains et copines du lycée et du CET notamment.
    Danielle, Jean-Louis, Christian, Michel… et Irène (toujours vaillante)

    répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *