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samedi 17 nov 2018
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« Retour à Bollène », un retour au pays.

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Le réalisateur Saïd Hamich, nous a fait le plaisir de venir à Gérardmer ce vendredi après-midi afin de nous présenter son premier film intitulé « Retour à Bollène ».

Nassim, issu d’une famille d’immigré Marocain, vit à présent à Abu Dabi où  il a fait carrière. Cependant, son passé à Bollène a laissé certaines cicatrices dans l’identité du jeune homme. Il retourne donc dans le village où il a grandi, pour retrouver sa famille après plusieurs années d’absence et affronter ce père auquel il ne parle plus.

saïd hamichComme l’explique le réalisateur à son public, ce film est né d’une urgence, d’un besoin : celui d’ouvrir une fenêtre sur « la question identitaire et sociale de la culture maghrébine en France trop peu représentée à l’écran. » De retour à Bollène, Nassim voit une ville dévastée par le chômage, et en parallèle, par le développement de la ligue du sud et de l’extrême droite. Face à cela, le repli communautaire semble donc inévitable entre ex-immigrés. Exemple frappant, sa mère qui n’a pu continuer à apprendre le Français à cause de la suspension des cours de langue indispensables à l’intégration sociale de ces familles.

Ce film, confie Saïd Hamich, a un « grand coté autobiographique ». Effectivement, il a lui même habité trois ans dans la cité de Bollène. Pour ce dernier, ce film témoigne d’une certaine France, « ce qui l’identifiait malgré le rejet ». Nassim est un personnage complexe, il s’est construit une identité en opposition avec sa famille et sa culture. Dans cette opposition,  tout particulièrement à son père, on se rend compte que celui qu’il décrit comme un monstre sans cœur est finalement juste un homme qui n’a pas réussi à exprimer et transmettre son amour envers les siens, tout comme Nassim. C’est donc à travers le parti pris de ce centrage sur une famille que le réalisateur parvient à capter « le particulier pour parler du générale » . On peut dire que ce défi a été relevé pleinement car tout le monde peut s’identifier à ce retour à Bollène, un retour à nos racines fondatrices.

Enfin, si le film peut étonner par sa durée (1h07), il est d’une telle densité, « sans gras », que le résultat est sans appel, très juste, et illustre à merveille le « transfuge social » .

 




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