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lundi 23 juil 2018
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Fête de la Solidarité ensoleillée Mais droits d'asile en danger

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Temps un peu frisquet mais journée ensoleillée pour ce 1er Mai toujours marqué par la traditionnelle Fête de la Solidarité en Perle des Vosges.

fete solidarité 1er Mai (2)Cette année, pas d’invité en cuisine. Est-ce donc  les membres du Comité Antiraciste de Gérardmer qui s’étaient mis aux fourneaux pour concocter le déjeuner solidaire du midi ! Un repas convivial dont se sont régalées les nombreuses tablées qui garnissaient la salle principale. On retrouvait également le traditionnel village solidaire avec les nombreux partenaires de l’évènement, sans oublier, l’association des femmes africaines et leurs traditionnels beignets, ainsi que les jeunes de l’atelier hip hop de Pierre Jacquot venus présenter quelques chorégraphies bien senties. Petite originalité enfin cette année avec la projection du film « Nulle part en France » de Yolande Moreau (Nulle part en France). L’actrice et réalisatrice qui pose son regard sur les camps de réfugiés de Calais et de Grande-Synthe à travers la trajectoire d’un jeune Kurde de 28 ans qui aspire à rejoindre l’Angleterre.

Philippe Wannesson (à gauche sur la photo) en compagnie de membres du Comité Antiraciste de Gérardmer.

Philippe Wannesson (à gauche sur la photo) en compagnie de membres du Comité Antiraciste de Gérardmer.

 

Une belle entrée en matière avant l’intervention de Philippe Wannesson, passeur d’hospitalité et blogueur Médiapart, dans le cadre d’une conférence-débat sur le thème du « Droit d’asile bafoué ». Un thème plus que jamais d’actualité à l’heure où l’Europe semble s’entendre sur cette question,  comme le signalent certains des derniers postes de l’intervenant du jour (voir : https://blogs.mediapart.fr/philippe-wannesson/blog). Originaire de Metz, ce dernier a longtemps vécu à Nancy et a passé 8 ans à Calais, période à partir de laquelle il a commencé à s’impliquer et à bloguer sur la question des sans papiers et des migrants notamment. Aujourd’hui, pour lui, le droit d’asile est bafoué et une double politique visant à fermer les frontières extérieures de l’Europe a déjà commencé à faire des ravages en surface et en profondeur.

Des mesures qui, d’une part, rendent plus compliqué le processus d’intégration des migrants, et d’autre part, des politiques menées sur place, dans les pays d’origine des potentiels/futurs migrants : « On repousse vers l’extérieur, au-delà de l’Europe, le choix des demandeurs d’asiles qui appartient alors à leur pays d’origine, d’où une logique de quotas migratoires qui se met en place. C’est une logique hypocrite car il y a de toute façon des migrants. On l’a vu avec la Roumanie, la Bulgarie ou encore la Croatie. (…) Les gens arrivent ou sont même déjà là. Les gens émigrent, mais en multipliant les obstacles à l’intégration et à l’accession au travail, on créé encore plus de sans-papiers et donc encore plus de travail au noir » explique Philippe Wannesson.

Et d’ajouter : « Il y a une vraie logique de précarisation avec de multiples changements de législation et des problèmes avec les Préfectures. On fabrique des sans-papiers avec ces changements, certains ont une situation et, quasiment du jour au lendemain, se retrouvent en situation irrégulière. On met plus d’obstacle à ceux qui ont des droits comme les enfants ou ceux qui ont obtenu le statut de demandeurs d’asile, mais aussi aux familles en compliquant les regroupements familiaux au maximum, ce qui fait que cela devient plus simple de venir de manière irrégulière que régulière. Il y a une véritable exclusion des droits, et avec cette politique on prétend lutter contre « l’invasion » et les problèmes liés à l’emploi. Alors qu’en réalité, on entretient une masse de personnes sans droit au service de l’économie, et plus il y de travailleurs au noir, plus la situation des autres est précarisée.« 

A travers le droit d’asile bafoué, Philippe Wannesson a donc également montré que la situation des migrants et celle de l’ensemble des travailleurs dans la précarité étaient liées, mais pas pour les raisons qui sont évoquées traditionnellement et notamment cette fameuse « invasion » venues de l’Est de l’Europe et de l’Afrique. Ce qui est sûr, c’est que les associations comme le Collectif des Sans Papiers auront encore du pain sur la planche et que la question de la gestion des flux migratoires est loin d’être résolue alors que l’Europe planche actuellement sur une réforme du code des visas qui fait déjà du remue-ménage…




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