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mercredi 14 nov 2018
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Le Vosgien Nicolas Mathieu remporte le prix Goncourt 2018

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L’auteur spinalien Nicolas Mathieu vient de recevoir le prestigieux Prix Goncourt pour son deuxième roman, »Les enfants après eux »  situé dans une vallée de Lorraine.

Le prix Goncourt a été attribué à Nicolas Mathieu pour « Leurs enfants après eux » (Actes Sud). Né à Épinal en 1978, Nicolas Mathieu sort en 2014 son premier roman, Aux animaux la guerre.

nicolas-mathieu-prix-goncourt-13Distingué par de nombreuses récompenses (prix Transfuge du meilleur espoir Polar, prix Erckmann-Chatrian, prix Mystère de la critique), ce récit dépeint avec férocité des personnages déclassés sur fond de fermeture d’usine dans les Vosges. « Roman populaire sur le peuple », il explore les tréfonds des milieux ouvriers et exploite toutes les ressources du roman noir pour, à la manière d’un Germinal, faire éclore l’universalité de la condition humaine.

« Leurs enfants après eux » est le deuxième livre de Nicolas Mathieu, après le roman noir « Aux animaux la guerre » (Actes Sud, 2014, adapté en série pour France 3). L’auteur a travaillé avec Alain Tasma, le réalisateur du film pour adapter son premier roman qui sera diffusé sur France 3.

Dans son premier roman, un polar social sur fond de désindustrialisation, Nicolas Mathieu montre le département des Vosges qui n’est guère valorisant.

« Un roman, ça s’écrit toujours à la croisée des blessures »

« Un roman, ça s’écrit toujours à la croisée des blessures. Ici, j’en verrais trois, disons les miennes. D’abord, l’adolescence. J’ai été cet enfant qui finit, qui rêve de sortir avec la plus belle fille du bahut, et veut sa part du gâteau. Et puis la plus belle fille ne veut rien savoir, le monde reste insaisissable, le temps passe et c’est encore le pire. Il y aura des étés, des flirts, les poils qui poussent, la voix qui mue. Ce sera le plus beau de la vie, et le plus cruel aussi. Dans une histoire, j’essaierai de mettre des mots là-dessus, la cicatrice à partir de quoi tout commence.
L’autre plaie, ce serait celle du social et des distances. Quand j’étais petit, on m’a raconté un mensonge, que le monde s’offrait à moi tel quel, équitable, transparent, quand on veut on peut. Mais un jour, peut-être grâce aux livres, le voile s’est déchiré et j’ai commencé à comprendre. Cette leçon des écarts, des legs et des signes distinctifs, cette vérité des places et des hiérarchies, ce sera mon carburant.
Enfin, il y a ce départ. Je suis né dans un monde que j’ai voulu fuir à tout prix. Le monde des fêtes foraines et du Picon, de Johnny Hallyday et des pavillons, le monde des gagne-petit, des hommes crevés au turbin et des amoureuses fanées à vingt-cinq ans. Ce monde, je n’en serai plus jamais vraiment, j’ai réussi mon coup. Et pourtant, je ne peux parler que de lui. Alors j’ai écrit ce roman, parce que je suis cet orphelin volontaire. «  explique Nicolas Mathieu

Le pitch du livre « Leurs enfants après eux » : 

« Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage. »

C.K.N.




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