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dimanche 17 nov 2019
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Eli Roth : de Cabine Fever à un Green Inferno pas si infernal Master Class in french, ou presque

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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eli roth

C’était un des temps fort de ce 26ème Festival du Film Fantastique et ils étaient nombreux à attendre cette rencontre avec impatience. Samedi après-midi, l’acteur, cinéaste et producteur Eli Roth était présent au Grand Hôtel dans le cadre d’une master class durant laquelle il est revenu sur sa carrière et le climat qui règne à Hollywood…

Climat qui n’est sans doute pas le meilleur qu’ait connu la côte Ouest, pour une simple et bonne raison : avec les réseaux sociaux, Tweeter notamment, tout le monde a peur d’offenser son prochain et d’en subir de très (trop) lourdes conséquences. Clairement, on a plus le droit de dire grand chose, de critiquer grand chose (ou grand monde) sans se faire taper sur les doigts et se faire rayer des tablettes, ce qui ne facilite pas la tâche de cinéastes comme Eli Roth qui aime glisser une note politique, critique dans ses films… Et qui attend avec impatience que le vend tourne un peu et qu’Hollywood sorte de cette lourdeur, de ce climat qui n’est sans doute pas propice à la créativité, à l’inventivité, et aux projets ambitieux et satyriques.

Mais qu’importe, Eli Roth est revenu sur le tournage de quelques-uns de ses films, le tout en français avec l’aide du traducteur officiel du festival. Commençons avec Cabine Fever qu’il avait écrit à seulement 22 ans avec dans l’idée de faire un film comme Evil Dead de Sam Raimi. Un classique qui avait marqué Eli Roth et qui l’as inspiré tout en lui donnant la force de persévérer quand il a su que Raimi l’avait tourner alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années.  « A l’époque j’avais vu aussi Bad Taste, Braindead, The Feebles, j’ai vu tout ces grands réalisateurs qui ont commencé par faire des films d’horreur, et je me suis dit : je veux une carrière comme ça, je veux commencer par le film d’horreur ! Et puis j’aime les slasher movies. (…) Je suis allé dans des festivals européens où on voyait des films qu’on voyait nul par ailleurs, des films asiatiques et, c’était fou… »

Le voilà donc partit à l’époque avec 2000 000 dollars pour faire Cabine Fever et à être au téléphone chaque jour pour trouver des fonds supplémentaires. C’est finalement le festival de Toronto (à qui Eli avait envoyé une K7 d’une version non aboutie) qui fera décoller le film, et aussi un gamin de 12 ans, fils d’un financeur qui a incité son papa à mettre des billes pour finaliser le projet ! « Pour La Prophétie de l’Horloge, c’est le fils de Kate Blanchett qui a incité sa mère à tourner dedans, et quand tu as Kate Blanchett dans ton film… Du coup, c’est souvent les enfants qui ont été déterminants pour moi. Si les enfants t’aiment bien, ça marche, si ils t’aiment pas, t’es baisé !! » commentera avec humour Eli Roth. Un cinéaste qui essaye de rester fidèle à lui-même et à sa façon de voir les choses et qui refusera ainsi de tourner Shériff Fais Moi Peur ! malgré les sommes astronomiques qu’on lui proposait.

Coup de projecteur sur Hostel pour prolonger l’aventure, avec justement cette dimension très politique d’un film où des touristes américains partent en vacances en Europe, en Slovaquie pour être précis. Un film qui évoque le fait que si on veut faire quelque chose et qu’on sait qu’on ne se fera pas prendre, qu’il n’y aura pas de représailles, on n’hésitera pas ! Surtout à notre époque où l’abolition des frontières peut signifier que l’on peut aller jusqu’au bout du monde, et surtout jusqu’au bout de ses désirs… « Ce film a beaucoup choqué les Américains aussi car beaucoup pensent pouvoir tout acheter avec leur argent. Ici ça n’est pas le cas, et peut importe l’argent qu’ils représentent, l’argent qu’il peuvent poser sur la table, ça ne vaut plus rien, si on a envie de les tuer, on le fait ! C’est pour cela par exemple que l’État Islamique est si terrifiant pour les Américains, car il tue, peut importe l’argent, ça ne rendre pas en ligne de compte… »

Terminons avec le tournage épique de Green Inferno au fin fond de la forêt péruvienne… Un tournage et une quantité incroyable d’anecdotes à raconter, à tel point qu’on ne saurait par où commencer ! Par le commencement peut-être ? Pour convaincre le village qui n’avait jamais vu un film de sa vie, c’est Cannibal Holocaust qui a été projeté aux villageois, avec le postula que c’était une comédie. C’était en fait pour qu’ils ne soient pas choqués de ce qui allait être tourné par la suite, mais le choix avait plus que surpris Eli Roth car les enfants du village avaient assisté à la projection. Passons sur les serpents, les araignées, bref la faune de manière générale. On évoquera les maquilleurs qui étaient des transsexuels et faisaient des spectacles avec leurs personnages à la nuit tombée, ou encore une actrice qui a faillit être emportée par le courant d’un fleuve en crue, et peut-être le meilleur pour la fin : la chef décoratrice qui s’est vue offrir un … nourrisson pour son départ !!! Qu’elle a refusé, on vous rassure ! bref, si vous n’étiez pas à cette master class, vous avez vraiment manqué quelque chose, en tout point de vue. Alors une dernière chose : merci Eli et merci le festival!




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