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lundi 22 juil 2019
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Réouverture de la route des crêtes : plus que 4 km à ouvrir Moins de neige cette année : intéressant pour le budget, un peu moins pour l'économie touristique

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Comme le veut la tradition, le Conseil Départemental (CD88) avait invité la presse au pied du Hohneck dans le cadre d’un bilan sur le déneigement, ou plus précisément la Viabilité Hivernale, secteur qui aura permis de faire quelques économies cette année en raison des faibles chutes de neige dont on ne se réjouit pas forcément.

deneigement route des cretes fraise CD88 (3)La réouverture de la route des crêtes est un petit événement que le Conseil Départemental et son président François Vannson ont à cœur de marquer afin de faire le point sur les moyens mis en œuvre pour le déneigement sur l’ensemble des Vosges. Cette petite sortie est aussi l’occasion de rendre hommage aux agents en charge de cette mission qui font preuve d’un professionnalisme et d’une organisation remarquables. Premier constat pour cet hiver 2018-2019 par rapport au précédent, le CD88 a enregistré une baisse de 10% de fondants consommés (sel + sel dans la saumure), soit 13 500 tonnes contre 15 000, et une baisse de 15% du nombre d’interventions avec 4 222 contre 4 997. Le nombre moyen de jours d’interventions pour cet exercice est de 48,3 avec un minimum de 15 jours à Neufchâteau et de 97 jours à Gérardmer, ce qui semble logique !

deneigement route des cretes fraise CD88 (4)« De plus, cet hiver se situe en-dessous de la moyenne des 15 derniers hivers avec une spécialité puisqu’il a surtout été concentré  sur le mois de janvier avec presque 65% des interventions et des consommations de fondants sur cette période » précisera François Vannson. En moyenne, sur les 15 derniers hivers, ce sont 19 178 tonnes de fondants qui ont été utilisées pour 6 232 interventions effectuées. Du coup, le montant pour assurer la Viabilité Hivernale (VH) s’élève cet hiver à environ 2 560 000 €… Ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle, mais pas spécialement une bonne non plus ! En effet, pour reprendre les mots du résident du CD88, « c’est intéressant pour le budget, moins pour l’économie touristique… Il faudrait que le curseur soit positionné justement et cela nous amène forcément sur une réflexion concernant l’évolution du climat qui est pour nous une préoccupation. »

Et ce n’est sans doute que le début si l’on considère les hivers plus que moyens que l’on vient de connaître dans le département, bien que l’économie touristique ait pu raisonnablement sauver les meubles. Mais il apparaît évident que les stations de ski de moyenne montagne risquent d’être fortement menacées d’ici quelques décennies si le réchauffement se poursuit. Cette fameuse réflexion qu’évoquait François Vannson apparaît donc essentielle. Il était intéressant de soulever doucement le sujet lors du déneigement du dernier tronçon de la route des Crêtes ce mardi matin qui permettra de faire la liaison Grande Crête-Markstein. Et ce d’autant plus que des cyclistes de passage et habitués du secteur pouvaient apporter leur expérience en matière d’enneigement… En attendant, le déneigement se passe pour le mieux et devrait prendre fin comme prévu d’ici le 30 avril au plus tard pour cet itinéraire de promenade, de découverte, de détente et de gastronomie emblématique des Hautes Vosges !




2 réactions sur “Réouverture de la route des crêtes : plus que 4 km à ouvrir

  1. Philippe Voirin

    Je suis pour le moins surpris par cet article qui laisse croire que les stations de moyennes montagne sont sur la pente descendante (ça semble être un bon jeu de mot, mais ça ne reflète pas la vérité !)
    D’autant plus après les deux dernières saisons au cours desquelles nous avons battu des records de chiffre d’affaires.
    Connaissant François Vannson et le support qu’il a toujours témoigné envers les stations vosgiennes, je suppose que ses propos ont dépassé sa pensée ou qu’ils ont été mal interprétés par le journaliste.
    Toujours est-il que remettre en cause la capacité future des stations vosgiennes à produire du ski, c’est remettre en cause leur survie, car aucune autre activité ne permettra d’atteindre l’équilibre financier.
    Bien entendu, nous nous orientons tous vers une diversification 4 saisons, à la fois pour lisser le risque et aussi pour diversifier les activités d’hiver, mais il doit être bien clair qu’il est impossible de rentabiliser ces investissements sans le ski.
    Je ne suis pas climato-septique, le réchauffement global est incontestable, je dis simplement que les effets locaux peuvent être différents en fonction du lieu et de l’époque de l’année, et j’en apporte la preuve en produisant les relevés de températures depuis 1989. À aucun moment, notre capacité à produire de la neige de culture n’a baissé depuis cette date.
    Je fais ce commentaire depuis le Japon ou les stations regorgent de neige encore maintenant, et pourtant le pays a un réseau neige de culture 5 ou 6 fois moins développé qu’en Europe. Le Japon serait-il épargné par le réchauffement ?
    Qu’on le veuille ou non, l’économie de nos vallées (et pas seulement des vallées !) dépend au moins à 30% du succès de nos stations, laisser croire que notre business model est condamné c’est décourager les investisseurs publics ou privés, or nous avons besoin d’eux pour maintenir un niveau de prestation attractif.
    C’est un lieu commun de dire que la clientèle d’hivers a au moi deux fois plus de pouvoir d’achat que la clientèle d’été, sans investissement, cette clientèle partira, et il ne faut surtout pas croire que les seuls perdants seront les quelques socioprofessionnels qui gravitent autour des Domaine skiables. Tout le département et toute la région seront perdants.
    Cordiales salutations
    Philippe Voirin

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    1. QG Poster auteur

      Quand M. le président du CD88 parlait de « curseur », il évoquait l’enneigement (durée, quantité…) et son influence sur le budget de la fameuse Viabilité Hivernale, sous-entendant qu’il n’aurait pas été contre un peu plus de neige et de ski même si cela n’est jamais désagréable d’avoir fait quelques économies sur le déneigement, pour résumé de manière triviale. Ni plus, ni moins. Quant à la « réflexion » évoquée, cette dernière fait écho à la fameuse « diversification 4 saisons » qui semble essentielle du point de vue du profane comme de celui de nombreux sociopros… Comparer le Japon de Sapporo et les Vosges de Gérardmer, je ne m’y risquerai pas, il y a des forces qui me dépassent comme qui dirait… Pour autant, est-ce une folie de tenter de s’adapter, voir d’anticiper les effets du « réchauffement global » évoqué plus haut ( que ce soit sur l’économie ou autre) ? Le débat est ouvert, merci d’y participer et merci de nous lire

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