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dimanche 18 août 2019
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Doit-on laisser « crever » l’étang de Belbriette ? Le temps presse !

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C’est curieux comme nous n’avons pas tous les mêmes valeurs en matière d’environnement notamment. Certains sont prêts à faire de la vallée un véritable Luna Parc géant oubliant trop souvent que l’essentiel est pourtant dans la paysage, dans la nature et c’est bien pour ces raisons que les vacanciers se succèdent dans les Hautes-Vosges depuis plus d’un siècle. Alors il faut en effet protéger le patrimoine environnemental avant qu’il ne « foute » le camp pour être remplacer, au fil du temps, par une société aseptisée de tout sauf du superficiel.

Et s’il y a patrimoine à sauvegarder c’est sans doute la feigne de Belbriette et son étang qui s’envase chaque jour un peu plus et ce depuis plusieurs années déjà. Le résultat d’une politique menée par la  Direction Départementale du Territoire qui souhaite redonner au lieu de promenade, pour ne pas dire  de recueillement, son aspect d’antan. En effet, l’étang est né afin de créer un réservoir d’eau capable d’alimenter  une scierie fonctionnant grâce à l’énergie hydraulique  que l’on appelait jadis un haut-fer et qui était  installée en aval du barrage. L’entreprise a disparu au début du siècle dernier, mais la pièce d’eau a subsisté pour le plus grand plaisir de tous, des locaux mais aussi des vacanciers. Qu’en sera t-il d’ici un an ou deux, peut-être trois ? L’étang s’envase et disparait peu à peu uniquement parce que les vannes ont été ouvertes afin de  laisser libre cour à l’eau trainant dans son sillage des tonnes d’alluvions. Alors forcément, pour tous les amoureux de l’endroit une  question récurrente se pose. Doit on laisser « crever » l’étang de Belbriette alors qu’il représente un réel attrait touristique mais surtout un réel plaisir pour les yeux tout en respectant la nature ! Comme tout le monde se fout de tout, c’est mal barré. Des vacanciers rencontrés sur le lieudit du Magasin, tout au bout de la feigne, se posaient samedi dernier la question de découvrir l’endroit alors qu’ils étaient passés à côté sans l’identifier. Le temps presse avant qu’il ne soit trop tard…et si on sauvait le soldat Belbriette. Steven Spielberg a bien sauvé le soldat Ryan. La balle est dans la camp de l’Office National des Forêts, propriétaire des lieux. La Police de l’Eau avait pourtant demandé à cette autre grande muette de l’État de créer de toute pièce une passe ou échelle à poissons, au niveau du barrage afin d’aider à la reproduction des truites de montagne et de reconstituer  ainsi le milieu aquatique. Si l’étang vient à disparaitre définitivement, on saura pourquoi !

Il y a un peu plus d’un an nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme en publiant un article sur la situation de

Belbriette…Sans suite : https://gerardmerinfo.fr/2018/04/letang-de-belbriette-va-t-disparaitre/




3 réactions sur “Doit-on laisser « crever » l’étang de Belbriette ?

  1. Robert

    Cela fait 45 ans que j’ai découvert l’étang de Belbriette et de nombreuses fois j’en ai fais le tour et toujours en partant de la route forestière des Broches et jamais je ne me suis stationné à l’étang..Et depuis 9 ans que je suis en retraite j’ en fais le tour 3 à 4 fois par semaine voir plus et quand je vois aujourd’hui la dégradation de cet endroit idyllique je dis honte à vous Messieurs de l’ONF certes vous avez décidés que le ruisseau reprenne son cours d’antan ( pour moi c’est un grand NON ) la construction d’une passerelle à poisson certainement trop coûteuse ? Il suffirait de couper et de vendre quelques sapins et le tour était joué pour financer les travaux. Ok mais alors je vous en supplie entretenez la tombe de feu L’ ETANG de BELBRIETTE: les berges délabrées, l’apparition du sable, des racines,les barrières cassées c’est vraiment une désolation !!!!!

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  2. ANDRE FRANCOIS

    Ce que l’on peut déjà dire sur Belbriette, extrait de mon topo guide réalisé pour les parcours VTT au départ du Col du Surceneux.

    Le relief en auge de Belbriette est issu de l’action des glaciers. Cette morphologie résulte de l’accumulation de neige durant la dernière glaciation, au niveau de 2 niches de nivation : l’une située en amont de la Feigne de la Biche et l’autre située au niveau du col de la Brande.

    Ainsi c’est constitué une langue glaciaire qui a modelé la cuvette de Belbriette, évasée à fond plat. Ce relief est parcouru par un réseau hydrographique dense à l’origine de la richesse du site, milieux tourbeux et humides.

    Le site de Belbriette est reconnu depuis de nombreuses années pour son intérêt en matière de biodiversité, son ambiance secrète de bout du monde, son équilibre entre ouverture et boisement, sa valeur patrimoniale reconnue.

    Les espèces végétales remarquables présentes sur le site bénéficient de protections nationales, elles sont sensibles aux modifications de fonctionnement hydrique de la tourbière (plantation, drainage, comblement, etc.).

    Les principaux enjeux qui apparaissent, la conservation des espèces d’intérêts communautaires, sont la modification du régime hydrique et la banalisation du site à long terme.

    L’occupation humaine et les pratiques agricoles sont attestées sur le site de Belbriette depuis le XV ème siècle. Il a été compté jusqu’à 7 fermes sur l’espace ouvert en fond d’auge glacière. Pâturage, fauchage et drainage ont été ainsi pratiqués jusqu’en 1958.
    Ces activités ont contribué à conserver l’ouverture du site et la diversité des milieux tout en drainant et rectifiant le profil du ruisseau et en entretenant annuellement un réseau de rigoles adjacentes. Cet entretien était réalisé afin de permettre la fauche d’une majeure partie de la surface.

    L’ensemble des milieux représentés sur le site de Belbriette ont été profondément modifiés par l’action de l’homme.
    Nous pouvons précisément situer les habitations de l’époque, sur les cartes anciennes.

    Les enfants de Belbriette, durant les années 1900 allaient à l’école du Grand Valtin, à pied, été comme hiver en passant par la forêt. Ils parcourraient entre 5 à 6 km par jour.

    L’étang a été réalisé pour la pêche privée…

    A méditer …

    Je fus représentant local, ceci en lien avec mes activités proposées (notamment VTT), dans l’étude menée par Natura 2000, cependant l’étang de Belbriette n’entre pas dans le périmètre …

    Cependant pour ceux qui s’intéresse à cela, voici :

    Document d’objectif validé en 2012
    http://pnrbv.n2000.fr/les-sites-du-parc/les-sites-lorrains/belbriette

    https://inpn.mnhn.fr/site/natura2000/FR4100243/tab/responsables

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