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dimanche 21 juil 2019
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Une famille de migrants parrainée par des Gérômois et placée sous la protection de la cité Peut-être l'action de la dernière chance pour éviter une expulsion tragique

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A l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le Comité Antiracisme de Gérardmer avait souhaité organiser une action forte avec le soutien du maire Stessy Speissmann qui a accepté de procéder à un parrainage républicain de chacun des membres d’un famille de réfugiés Kosovards.

En préambule de la cérémonie de parrainage qui s’est déroulée au Grand Salon de l’hôtel de Ville, la présidente du Comité Antiracisme,Florence Riqueur, a souhaité prendre la parole pour évoquer la situation des migrants de manière générale, et la situation de cette famille en particulier qui est très fragile. « Malheureusement, la situation des réfugiés, en France, en Europe et dans le monde entier est de plus en plus difficile. C’est pourquoi cette journée mondiale des réfugiés reste un moment fort d’interpellation, à la fois de services publics et de l’opinion publique sur la situation critique des demandeurs d’asile et des personnes migrantes. Ici même, à Gérardmer, des familles connaissent l’angoisse et vivent quotidiennement la peur au ventre sous la menace d’une expulsion. (…) Aussi, à l’occasion de cette journée particulière, le Comité Antiracisme de Gérardmer, avec le soutien de Monsieur le Maire, a décidé d’une action particulière pour redonner espoir à une famille et témoigner de toute sa solidarité avec les réfugiés. »
Florence riqueur et Stessy Speissmann.

Florence Riqueur et Stessy Speissmann.

La famille Haliti est arrivée en France en 2014, ayant quittée le Kosovo où elle été persécutée à cause de son appartenance à la communauté rom Ashkali qui est particulièrement discriminée. Basri, le père, était un paria qui n’avait pas accès au travail et a été battu (des témoignages écrits l’attestent). Il était quasiment impossible pour lui, sa femme et ses enfants d’obtenir un logement ou des soins, la scolarité a été refusée à leur fille Elona et leur fils Elon. A Gérardmer depuis décembre 2014, la famille se reconstruit malgré les difficultés : « la scolarité des enfants se passe très bien, des amitiés se lient, une véritable vie sociale et une participation aux activités de la cité existent. Mais malheureusement ils n’ont toujours pas de régularisation et les recours n’aboutissent pas » précisent Florence Riqueur. Et ce, en dépit d’un épais dossier comprenant les preuves des discriminations et des violences endurées, sans oublier l’impossibilité de poursuivre les soins qui leur sont nécessaires s’ils devaient être renvoyés au Kosovo. Mais à ce jour, la réponse de la préfecture demeure négative et la famille a reçu une Obligation de Quitter le Territoire le 24 Mai dernier.

« Pour aider la famille Haliti, nous avons donc proposé à M. le maire de faire un parrainage républicain et il a accepté sans hésitation. Nous le remercions donc très sincèrement de son soutien » a conclu la présidente du Comité Antiracisme avant de céder la parole à Stessy Speissmann. Ce dernier qui, avant de procéder au parrainage, a tenu à dénoncer la dureté des préfectures, notamment dans les Vosges, un des départements où en France il y a le plus de refus et d’interdits concernant la situation et la régularisation des réfugiés. « Il doit y avoir une égalité de traitement » lancera-t-il lors de son allocution, faisant entre autre allusion au rugbyman Sud-Africain du Stade Toulousain qui a interpelé Emmanuel Macron pour demander sa nationalisation. Président qui, tout sourire, avait répondu « on lance la procédure ! » Et bien qu’attendons-nous pour lancer la procédure concernant cette famille ?!
« Tous les résidents à Gérardmer sont des Gérômois, qu’ils y soient nés ou pas » ajoutera le maire de la Perle des Vosges. Ajoutant que « Liberté, égalité, fraternité » ne devaient pas rester des mots vides de sens. Pour le premier magistrat, cette cérémonie symbolisait également en filigrane une question : « Quelle société nous voulons ? » Sa réponse est une société « d’accueil et de solidarité. » Pour conclure, ce parrainage doit pouvoir symboliser la France en plaçant chaque membre de cette famille en péril sous la protection de simples citoyens qui résistent face à une injustice et apportent leur soutien, tendent leur main et montrent l’exemple.



9 réactions sur “Une famille de migrants parrainée par des Gérômois et placée sous la protection de la cité

  1. Durupt

    Pourtant la France a 2 organismes qui étudient les demandes d asile . Si aucune des 2 n a retenu cette demande ç est pas fait au hasard non ? PourQuoi la ville de Gerardmer serait elle au dessus des lois ? Loger des déboutés du droit d asile etc…. en tant que représentant de la France contre les décisions de ces organismes est très choquante de la part d un Maire . Que les associations le fassent c’est lamentable soit on arrive dans un pays eT on accepte les règles soir on fait sa demande ailleurs mais que ce soit un Maire qui conteste les lois françaises c’est plus que choquant non ? Les dossiers sont étudiés selon les preuves que les familles apportent donc …..

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  2. Defay Jean Claude

    Politique obligé….
    Ça sent les municipales 2020 !
    Comme il faudra une base assez large pour que la « gauche » espère conserver la mairie en 2020 faut ratisser large, alors une caution d’extrême gauche cela se négocie….
    Alors notre maire fait preuve d’ouverture même envers ceux qui ont bavé et ont été à l’origine de la défaite de la gauche modérée.
    Alors le maire représentant de l’état ne valide pas les décisions de l’état !
    Ça peut rapporter quelques pourcents…..
    Ça c’est de la politique politicienne !
    Mais si l’on pouvait savoir pour ce cas les motivations du refus des services de l’immigration ce serait parfait !

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    1. Philippe

      Jean Claude Defay en journaliste politique!!!! Comment dire…..un peu d’histoire pour les Geromois? Un peu de…. pour quelqu’un qui……
      Quelle méconnaissance actuelle des personnes et surtout pourquoi ce mépris justement à l’approche d’élections?
      Ces commentaires n’ont rien à voir avec ces familles et ces vies!

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      1. Defay Jean Claude

        Aucun mépris à Philippe ,
        Pas plusqu’au maire de Gerardmer.
        Pas plus qu’envers les personnes qui se sont vu valoir un refus de leur dossier.
        La moindre des règles en démocratie c’est d’accepter la contradiction et la différence sans immédiatement parler de mépris !
        Votre réaction est un refus de la différence et en cela « vous faites preuve de mépris ».
        Simplement lorsque le maire de notre commune engage la collectivité à passer outre la décision de l’état il n’y a rien de choquant à demander à connaître les motivations de l’état sur ces refus pour mieux ou pas justifier un dessacord et une desobeisance civique !
        Donc un peu de respect vis à vis de ceux qui ne sombrent pas systématiquement dans les discours
        « bien-pensants »
        Les dernières elections ont montrés qu’ils ne receuillaient pas une grande adhésion des français…..
        Et c’est malheureusement avec une attitude de mepris comme vous l’exprimez des que l’on ne pense pas comme vous que vous suscitez des votes extrêmes auxquels je n’adhère pas.
        Sans mépris Philippe
        Cordialement Citoyen.
        JC D

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        1. camille

          M. Defay, vous dites un peu tout et son contraire :
          – un coup sur « ceux qui ont bavé et seraient à l’origine de la défaite de la gauche moderne »
          – un coup sur la municipalité « qui ne validerait pas les décisions de l’état »
          – un coup à nouveau sur les dernières élections avec les « biens pensants qui ne recueillent pas une grande adhésion des français »..
          C’est un peu politicien tout cela.
          Avant de jeter la suspicion concernant les raisons du refus de régularisation de cette famille allez plutôt juger par vous-même dans les tribunaux pour vous rendre compte de la vitesse et sur quels critères sont déboutés les demandeurs d’asile ; renseignez-vous également sur les centres de rétention où il arrive qu’on enferme des enfants en bas âge alors que cela est interdit par la loi.
          La France a toujours été une terre d’immigration et c’est ce qui fait sa force.
          Etre déplacé, cela peut arriver à tout le monde à un moment donné : d’ailleurs en voici une illustration :

          https://www.konbini.com/fr/tendances-2/en-images-seconde-guerre-mondiale-refugies-europeens-fuyaient-syrie?fbclid=IwAR0HhsRUxQINqKTPWOkAzcCRqeUBfXPtcV2YTYCTczkOt5XJRjU3_xCr4kc

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  3. houlà.

    Comme nous ne pouvons accueillir la misère du monde entier, réservons cela en priorité aux personnes des pays dans lesquels il y a guerre ou famine.
    Sinon nous allons droit vers une submersion que nous sommes dans l’état incapables d’assumer mais aussi d’intégrer
    .

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