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jeudi 12 déc 2019
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Urbanisme à Gérardmer – État des lieux – La Perle des Vosges perd son écrin. Article de Jean-Claude Crouvezier pour le collectif Gérardmer, Patrimoine, Nature

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Après la parution de mon article paru dans GI le 4 octobre dernier qui dénonçait l’hyper-urbanisation, l’ensemble des commentaires (à l’exception de ceux d’un gérômois qui se reconnaitra) approuvait mes dires et toutes les personnes avec lesquelles j’ai pu échanger verbalement m’ont manifesté elles aussi leur approbation.

La réglementation relative à l’AVAP (Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine), devenu depuis SPR (Site Patrimoniale Remarquable) a été approuvée en date du 27 janvier 2015 par le Conseil municipal tout comme le PLU (Plan Local d’Urbanisme) l’a été le 18 juin 2015.

Ce PLU a été légalement soumis à enquête publique, ceci dans le but déclaré d’informer la population, de recueillir son opinion et ses suggestions avant adoption définitive par nos représentants élus.

Si Laurence DENY et moi-même avions alors fait part de nos observations auprès du commissaire enquêteur, avec une pertinence, toute modestie gardée, que la vue frappante du bouleversement de notre environnement révèle aujourd’hui, il serait opportun de consulter le registre d’enquête pour connaitre et considérer, avec un regard éclairé par la réalité, tous les autres avis exprimés.      

Cette réalité, d’un paysage et d’un cadre de vie détruits, laisse à penser que ce registre n’a pas été pris en compte lors de l’élaboration du PLU approuvé ainsi sans vraie concertation.

Il est nécessaire et urgent de modifier ce PLU comme l’ont fait avec lucidité et courage, soutenus en cela par la majorité de leur administrés, les maires des communes de MORZINE et du GRAND BORNAND

C’est une des décisions prioritaires que le collectif nouvellement constitué  GERARDMER PATRIMOINE NATURE (https://gerardmerinfo.fr/2019/11/collectif-gerardmer-patrimoine-nature-actif/) souhaite voir prise.

L’hyper-urbanisation, et plus particulièrement des secteurs des coteaux, est la conséquence de l’application de règles d’urbanisme trop permissives et dont certaines sont, non seulement contradictoires entre PLU et AVAP, mais inapplicables sur le terrain, ce qui se démontre par des non-conformités visibles lors de la réalisation des constructions ou à leur achèvement.

Je pense particulièrement à la règle, principalement applicable dans ces secteurs, limitant à 1.00 m la hauteur des remblais-déblais et des murs de soutènement. Il suffit de regarder…

Le contrôle de conformité des travaux n’est pas obligatoire, disposition incohérente de la loi ELAN qui laisse toutefois le choix aux maires quant à ordonner ou pas ce contrôle.

Si contrôle il y a, celui-ci doit se faire dans les 3 mois qui suivent la déclaration d’achèvement des travaux car passé ce délai, les communes n’ont plus aucun recours possible envers les contrevenants.

A cela s’ajoute le fait que l’instruction des dossiers de demande de permis de construire ou d’aménager se fait avec la considération que l’engagement du pétitionnaire a seul valeur de droit.

C’est-à-dire qu’un dossier répondant, dans sa présentation, aux règles d’urbanisme ne sera pas rejeté quand bien même l’œil averti des membres de la Commission de l’urbanisme y verrait des incohérences. Quand j’avais évoqué le sujet lors d’une réunion en mairie le 28 février 2017 en demandant de façon abrupte s’il fallait tricher, il m’avait été répondu « c’est du déclaratif, on ne peut rien faire …».

Ces propos n’engagent que moi mais j’ai connaissance de 2 cas, copie des demandes et plans acceptés à l’appui, où j’affirme qu’il est impossible de ne pas voir la non-concordance de la représentation graphique présentée par rapport à la topographie du terrain et à sa relative exigüité.

Le 2ème cas, très récent, concerne un chantier qui vient de démarrer où l’architecte a pris un soin tout particulier à faire mention de la hauteur de remblai et soutènement sur les plans de façades alors que son plan masse (plan aérien) montre qu’il est impossible de limiter cette hauteur à celle, réglementaire, de à 1.00 m.

Je parle d’un constat et trouve regrettable qu’un professionnel, garant, à mon sens, par sa formation ou vocation de la beauté ou de l’harmonie du paysage en terme de nature et bâti, puisse choisir, même s’il faut vivre de son métier, de satisfaire l’appétit d’investisseurs en trahissant des valeurs et une éthique revendiquées.

Le collectif GERARDMER PATRIMOINE NATURE appelle les gérômois à se mobiliser pour que s’arrête la destruction de leur bien commun, pour que les atteintes bien visibles déjà portées à leur environnement ne s’étendent encore :

  • Coteau des Xettes, le mal est fait, ça continue sur le Haut des Xettes
  • Coteau de La Rayée, le mal est fait
  • Coteau de la Haie Griselle, la spéculation immobilière le menace, c’est pour demain si la réglementation d’aujourd’hui continue à s’appliquer
  • Le Bas de La Haie Griselle, c’est en train de se faire
  • Les Gouttridos, c’est aussi en cours et avec une telle rapidité que la paysage se transforme, ou plutôt disparait, un peu plus chaque jour
  • La Droite du Lac, c’est en cours
  • Le Centre Ville, des ensembles nouvellement construits sans espace paysager, sans espace de vie, sans espace de vue

Il faut se mobiliser afin que les actions citoyennes du collectif, des comités de quartier et de toutes les personnes soucieuses elles aussi de protéger leur cadre de vie puissent mettre fin aux agissements des spéculateurs immobiliers qui détruisent notre patrimoine dans une compétition outrancière.

Si cela perdure, GERARDMER deviendra une cité urbaine quelconque, sans originalité, sans identité culturelle, une ville où la forme de tourisme qui prédominera sera celle qui voit un attrait dans les produits marketing vantés par les loueurs ou autres promoteurs, à défaut pour eux de pouvoir vanter une nature qu’ils auront détruite.

Vous pouvez contacter le collectif à cette adresse : gerardmer.patrimoine.nature@gmail.com

JC Crouvezier




26 réactions sur “Urbanisme à Gérardmer – État des lieux – La Perle des Vosges perd son écrin.

  1. Simon Ribau

    Bonjour
    La situation est selon moi encore pire : les Gouttridos ont connu en l’espace de 2-3 ans une spéculation et construction sans limite.

    Le projet évoqué (2 chalets sur 1300m² sur une bande de terrain de 15m de large), comme ceux qui arrivent (les panneaux de construire fleurissent avec les mêmes promoteurs immobiliers et mêmes entreprises) sont issus de quelques maitres d’ouvrages qui feront de la location sur Airbnb voire de la spéculation afin de revendre rapidement.

    Des limites ont été prises dans les Alpes, mais je doute que la volonté politique soit présente dans les Vosges.
    Ironie de l’histoire, l’un des maitres d’ouvrages qui spécule largement sur Gérardmer a des ambitions politiques dans la ville d’Epinal !

    Simon R.

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  2. Barthélemy Faller

    Bravo monsieur Crouvevier. Vous dites bien haut ce qu’une majorité silencieuse pense tout bas. A quand maintenant une reaction des élus et une reunion publique afin de rectifier le PLU qui pollue le pays local. Voir le geler. Petit bemol cette urbanisatuin concerne l’ensemble de la vallée et ne se limite pas aux coteaux

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    1. M C Maubré

      Il est effectivement important de dire que ce désastre concerne tout le secteur. Le collectif devrait donc s’ouvrir au delà de la commune de GÉRARDMER. Je pense que ça ne doit pas poser de problème.

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  3. Gascoin

    Monsieur Ch. qui semble ne pas s etre senti visé 😉 en debut d article, fait certainement partie des spéculateurs qui plombent notre ville. A lire tous ses commentaires pro densification j imagine qu il sait où placer son argent !

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  4. Antoine

    Bravo MR Crouvezier,
    Lors de la reconstruction de Gerardmer après la guerre, on a fait appel à des archi de Paris pour certains bâtiments; beau rivage, la Réserve,la paix etc… ils n’avaient apparemment aucune notion d’un pays de neige, on a fait des acrotères en béton au niveau des toitures, ce qui dans une région de neige est une hérésie . Depuis ces bâtiments on modifié leurs toitures avec des chaineaux débordants .
    Maintenant c’est pire , on autorise de toitures plates, contraire au bon sens.
    C’est de pire en pire, on n’a pas su tirer les leçons du passé .
    Bravo les archi des bâtiments de France, les municipalités qui autorisent de tels sottises dans une région de montagne.
    On ne verrait pas ça en Autriche .

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  5. Blondeau

    tout à fait d’accord avec ce qui précède, lorsque l’on voit ce qui a éré construit en haut de la rayée ces 14 chalets, on ne peut que le déplorer
    ces chalet destinés vraissemblablement destinés a la location n’aon partiquement pas de terr

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  6. Kirchner Martine

    Il ne faut pas oublier chemin de la trinité juste avant la descente des feutres. Venez voir 4 chalets les un sur les autres c est encore pire que la mauselaine et 9 chalets prévus dans le pré un peu plus bas

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  7. Rosedelou

    Je suis bien d’accord il faut arrêter les constructions tout au bonheur des promoteurs. Stop Gérardmer est juste infernal, ça ne ressemble à rien. Plus de paysage ça construit de partout, les un sur les autres, aussi bien les vallées autres. Il faut bouger vous avez raison. Il y a moyen de stopper ce désastre.

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  8. FRemy

    D’une manière générale, les communes touristiques, et en particulier La Bresse et Gérardmer, sont devenues en vingt ans de véritables catastrophes urbanistiques. Les PLU permissifs ont été à l’origine de dramatiques concours de laideur, où chacun pouvait laisser s’exprimer sans contrainte son narcissisme et/ou sa cupidité : chalets improbables ni réellement canadiens, ni réellement autrichiens, ni réellement savoyards, barres bétonnées sans style ou parodiant les constructions anciennes, fermes dénaturées par les fantasmes de leur propriétaire néo-rural, maisons-bunker d’inspiration globish pour parvenus et m’as-tu-vus de toutes origines, machines à habiter construites en série et alignées dans des lotissements parachutés en pleine nature à 900 mètres d’altitude, chaos navrant de couleurs pétantes en lutte chromatique les unes avec les autres, superpositions de styles tout-sauf-vosgien, volumétries hasardeuses et dégueulant leur mocheté sur le paysage voisin, le tout loué hors de prix à des touristes qui désormais viennent consommer non pas les Vosges, mais l’idée qu’il se font de la montagne, à charge des Vosges de s’adapter à leur goût du moment ! La lâcheté des élus est consternante. Heureusement que les communes touristiques de Suisse et de Haute-Savoie se gardent bien de suivre notre exemple. A l’avenir, j’aurai encore beaucoup de plaisir à m’y évader.

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    1. CBT

      Bonsoir,

      Je suis entièrement de votre avis ! De plus , toutes cette activité touristique fait augmenter les prix du foncier et les jeunes ne peuvent plus s’installer dans leur commune .

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      1. Martin

        Je pense aussi que cela vient du fait que l’argent ne rapporte plus rien dans les banques et les assurances, avec en plus le risque de tout perdre du jour au lendemain, beaucoup investisse dans la pierre du moins pour l’instant le tourisme marche très bien mais quand sera-t-il demain vu le climat financier actuel de la France.

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  9. Crouvezier Jean-Claude

    J’ai mis l’accent sur les coteaux parce que c’est là que le mal « saute aux yeux »
    Il touche aussi le centre ville et les communes voisines et doit être combattu avec la même volonté par les défenseurs de leur patrimoine
    Que dire des spéculateurs qui pillent les terres entretenues et embellies jadis par des fermiers ou ouvriers paysans?
    Aujourd’hui on salit leur mémoire en s’accaparant et en détruisant ce qu’ils ont construit avec labeur pour vendre à prix d’or une vue lac dont eux n’avaient pas loisir de profiter.
    Les temps changent…

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    1. G Chipot.

      Restons calmes et buvons frais.
      Je connais beaucoup d’enfants d’ouvriers paysans qui ont été très très content de vendre à prix d’or « aux pilleurs », des terres qui par ailleurs n’étaient plus entretenues ni exploitées depuis belle lurette.
      Ceci ne m’empêche pas de penser que le PLU, notamment pour ce qui concerne les coteaux, mériterait une refonte sensible.
      Pour la partie centre ville ( 4 promotions sur 15 ou 20 ans…), c’est un autre débat.

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        1. Jean Claude CROUVEZIER

          Gilles,
          Les héritiers qui profitent de la spéculation participent au saccage du patrimoine et n’honorent pas la mémoire de leur ainés qui eux avaient acquis eux leurs biens par le travail. C’est aussi ce que je voulais dire…
          Tu donnes l’interprétation qui t’arrange aux opinions émises, sans aucun discernement.
          Refonte sensible? Ouvre les yeux!

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  10. Parmentier

    Bonjour je ne suis pas native de gerardmer mais votre commune est chère à mon coeur et je vous comprends dans votre combat contre ces promoteurs qui veulent ce faire de l argent sans regarder la beauté du paysage qu’ il y a autour d eux. Je vous souhaite de tout coeur d aller de l avant dans votre projet de sauver votre commune ou j aime me rendre plusieurs fois par an étant à une heure et demie de route. Un chalet typique vosgien ,une ferme vosgienne me promener dans foret ,vos lacs ! Ne denaturont plus cette beauté! Monsieur Vanony doit en être bien triste de voir ceci!!!!! Bon combat ne baissez pas les bras contre l incrédulité des personnes sans vergogne . Cordialement me parmentier.

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  11. MARIE LAURE

    MERCI JEAN CLAUDE et MERCI ANNE
    de vous engager pour la sauvegarde de notre ville.
    le coteau de la rayée a vu fleurir un joli lotissement de 16 chalets à louer dont un a même son balcon au raz de la route… et ça continue maintenant de l’autre coté de la route avec 4 autres chalets.
    il est loin le temps de nos jolis champs de jonquilles.

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    1. Schmit

      Vous avez raison…. Nos magnifiques champs de jonquilles sont purement et simplement sacrifiés. Nos jonquilles pourtant font partie de notre patrimoine et personne n’a obligé les propriétaires ce ces « trop » nombreux chalets à les préserver autant que possible en récupérant par exemple tous les oignons déterrés par les engins ou autre pelleteuses pour les replanter au mieux autour de leurs chalets…
      C’est dommage et surtout très triste de constater un tel saccage de notre belle nature…

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  12. Jacques VALENTIN

    Les nombreuses réactions montrent l’intérêt de beaucoup d’amoureux de notre ville et de la région sur cette question. C’est un véritable problème et les solutions ne sont pas simples.
    Le collectif créé est un collectif constitué et actif, sans étiquette politique, qui a défini ses buts et ses valeurs : « rassembler et proposer des solutions concrètes pour freiner la politique d’hyperurbanisation qui semble avoir été facilitée par une réglementation nationale et locale inadaptée ».
    Une demande a été faite en mairie le 08/11 pour pouvoir disposer d’une salle et nous attendons la réponse. Nous vous invitons à rejoindre le collectif si vous adhérez à ses buts et valeurs énoncés plus haut en prenant contact par le mail ci-après : gerardmer.patrimoine.nature@gmail.com

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  13. jocelyne

    BRAVO à vous 2 pour votre courage de dire enfin les choses…oui il faut arrêter ce massacre sur Gerardmer . Stop aux constructions.
    La trinité perd de son charme ,4 chalets les uns sur autres, et cela continue .

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