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jeudi 24 sept 2020
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Hyper-urbanisation : Réunion publique de Gérardmer Patrimoine Nature Vendredi 10 janvier 2020 à 18 h, salle des Armes

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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GERARDMER PATRIMOINE NATURE

Cette association a été créée par des gerômois en septembre 2019 en réponse à la défiguration intensive de leur environnement et à la spéculation immobilière qui en est responsable. Le constat est  amer : prolifération de constructions de chalets (plus de 70 unités en 15 mois) pour la plupart résidences secondaires ou locations saisonnières,  sur les coteaux. En centre ville,  saturation extrême de bâtiments collectifs construits par des agents immobiliers peu scrupuleux, uniquement à des fins financières, au détriment de la nature même de la station gérômoise et de son avenir.

Connue pour son environnement magnifique, son lac, ses promenades, son calme, Gérardmer perd de son identité et les auteurs de cette transformation sont pour la plupart des investisseurs d’origine extérieure à Gérardmer qui veulent eux aussi profiter de la « poule aux œufs d’or ». Les valeurs des terrains, des maisons, augmentent et frôlent l’indécence ;   les propriétaires sont incités à les vendre au plus offrant. Ce cycle infernal doit être freiné.

Les conséquences de cette spéculation sont nombreuses :

  • La population locale diminue (15 % en 9 ans), les écoles ferment, la population vieillit
  • Les sols sont imperméabilisés, les prés à Jonquilles disparaissent
  • Les résidences secondaires augmentent (35% des habitations en 2015), avec un nombre élevé de « lits froids » plus de la moitié de l’année
  • Gérardmer est en sur-fréquentation en période de congés scolaires, ses structures d’accueil sont saturées (union nautique, pistes de ski, piscine, parkings, trottoirs…)
  • Les manifestations non contrôlées se développent au détriment du concept montagne
  • Les infrastructures ne suivent pas (réseau eaux pluviales, usées, voiries…)
  • Les incivilités et le bruit sont devenus la norme, avec un pic le week-end et en saison
  • On déplore un manque de logement pour les locaux, et les saisonniers, qui s’installent en large périphérie

Nous avons par ailleurs observé qu’un candidat  déclaré aux prochaines municipales à Epinal, membre éminent du conseil départemental, est le président de nombreuses SCI et de sociétés qui investissent sans vergogne à Gérardmer dans des projets immobiliers défigurant notre ville. Comment peut on se targuer de pouvoir assurer la transition écologique d’Epinal, de vouloir la protéger, et en même temps dénaturer sans scrupules le centre et les rives de notre lac, à seulement 40 km de là ?

La situation change très rapidement et les règles locales ne sont plus adaptées. Le PLU pourtant récent est très permissif, trop facile pour les promoteurs, les contrôles ne sont pas efficaces avant  comme après la construction. Il est possible de modifier le plan d’urbanisme sans tarder, d’autres l’ont fait, quitte à frôler les limites de la légalité.

Le but de ce collectif est donc de rassembler et de proposer des solutions concrètes pour freiner la politique d’hyperurbanisation qui semble avoir été facilitée par une réglementation nationale et locale inadaptée. Pas d’opération politique, pas d’opposition  stérile à une municipalité, pas de défense des intérêts particuliers. Il se veut rassembleur, constructif, et protecteur de l’intérêt général à long terme.

Au vu de ce constat, le collectif recherche et étudie les actions qui sont engagées dans d’autres communes,  face à la même problématique, en France comme à l’étranger. Il engage une action citoyenne constructive. C’est possible, d’autres le font !

  • Chamonix, via son courageux maire Eric Fournier, se trouve engagée depuis plusieurs années dans le combat de protection locale et a modifié son PLU, quitte à refuser d’appliquer les directives nationales. Même pas peur !
  • Plusieurs villes s’unissent depuis 2014 pour modifier la loi montagne (Le Grand Bornand, La Clusaz, Bourg St Maurice, Les 2 Alpes, Morzine). Certaines ont gelé leur PLU et le modifient actuellement avant que les dégâts ne soient trop importants.
  • Biarritz et son agglomération limitent les locations Airbnb à 1 par habitation principale. Finie la foire au logement non déclaré. Les contrôles s’annoncent sévères.
  • En Suisse, la guerre est menée dans les stations contre les résidences secondaires. La loi Lex Weber limite à 20 % son nombre, avec possibilité de descendre ce chiffre.
  • A Chamalières, le maire Louis Giscard D’Estaing refuse la densification urbaine.

Des solutions existent, il est possible d’agir dès maintenant. On ne peut plus se cacher derrière les régulations  nationales, une voie de recours est toujours possible.

Il est urgent de :

  • Revoir les règles d’urbanisme : modification du PLU et de l’AVAP
  • Contrôles effectifs et plus sévères en fin de construction, et en amont (étude de faisabilité)
  • Travailler ensemble (architectes / ABF / Mairie)
  • Préserver les terres agricoles et le monde rural
  • Construire ensemble un projet d’avenir. L’architecture est un élément clé pour une nature harmonieuse, et doit faire partie d’une réflexion à très long terme. Les constructions et les infrastructures sont faites par définition pour durer plusieurs générations.

Le travail et l’élaboration de solutions dans une vision d’intérêt général et sans objectif ni intérêt particulier ne peuvent se faire que dans le collectif et avec le plus grand nombre.

Nous voulons informer, rassembler, proposer, dénoncer, pour le bien commun et pour l’avenir de notre ville et de notre région.

Une réunion publique aura lieu le 10 janvier 2020 à 18 h,  à la Salle des Armes en Mairie de Gérardmer. La recherche de solutions et les propositions concrètes seront privilégiées.

Tous les géromois sont bien sur invités à prendre part au débat.

Anne Huart pour l’association




19 réactions sur “Hyper-urbanisation : Réunion publique de Gérardmer Patrimoine Nature

  1. jean-paul petit

    Ca me fait penser à un commentaire de Houellebecq dans « Sérotonine » sur la décadence des complexes touristiques sur les côtes espagnoles, très réaliste: « Je trouvai facilement une place à l’aéroport, le parking était surdimensionné, tout d’ailleurs dans la région était surdimensionné, prévu à la mesure d’un succès touristique colossal qui n’était jamais venu…L’avion en provenance de Paris-Orly était à l’heure, et la salle des arrivées agréablement climatisée, presque totalement déserte-le tourisme plongeait décidément de plus en plus, dans la province d’Almeria. »
    C’est vrai que la laideur architecturale et la destruction des littoraux par la spéculation immobilière ont ravagé les côtes orientales de l’Espagne. Cette observation vaut pour les littoraux français du Languedoc. Je ne cite pas de stations, ceux qui y sont passés (ou qui y ont séjourné et je les plains) les reconnaîtront.
    En conséquence de quoi les touristes qui aiment la nature, la beauté, les petits ports de pêche, l’âme de la population locale fuient comme la peste ces stations immondes et déshumanisées.
    Evitons donc que nos bourgs et villages de montagne se laissent contaminer par les vils bétonneurs avides de profit. Le maire de Chamonix donne l’exemple du courage et de la fermeté. Ca vaut le coup de se battre pour défendre notre cadre de vie. Il n’est jamais trop tard, les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on renonce à conduire.
    Un géographe du XIXème siècle, Elisée Reclus, précurseur de l’écologie, le pressentait: « Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine,elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. »
    Alors oui, le 10 janvier, retrouvons nous pour sauver la poésie de notre paysage et l’âme des Géromois.

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  2. michele

    je ne suis pas mais pas du tout déçue d’ avoir quitté gerardmer pour la bresse petit village vivant mais d’ un calme pas de constructions intensives nos coteaux sont pures quelques résidences secondaires maisons rénovées louées ok mais les touristes respectent notre tranquilitè que du bonheur pourvu que cela perdure

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  3. touriste

    Les communes voisines prennent le même chemin et dans les prochaines années vont subir ou subissent déja des nuissances et des contraintes identiques.
    En quelques années on a vu les coteaux de xonrupt longemer se revêtir de bois.
    A, la Bresse, la municipalité est prête à la distraction d’une parcelle forestière (la fôret de grand père) afin de satisfaire à la pression des promoteurs immobiliers; parcelle située sur le versant opposé à la station. Je rapelle; depuis plus de 10 ans le manque de places de stationnement persiste sans recherche de solution ou sans volonté de la part des responsables. Cette parcelle peut convenir pour répondre a ce besoin.
    La construction de nouveaux batiments à la station va encore réduire le nombre de places de stationnement.

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  4. G Chipot.

    Il faut rester lucide, pondéré, objectif …et impartial.
    Que le PLU sur les coteaux soit trop permissif je pense que tout le monde est plus ou moins d’accord.
    Parler de saturation extrême au centre ville avec 4 programmes neufs en 15 ans est une contre vérité.
    Les gens ne viennent pas à Gérardmer pour la nature et les sentiers mais pour s’empiler au bord du lac ou pour faire du lèche vitrine en centre ville ( j’arpente régulièrement les sentiers des environs à pied ou en VTT ou je ne croise personne….).
    Sans l’activité économique générée par le tourisme, nous pourrions dire adieu à nos nouveaux médecins, à notre hôpital, à nos écoles,collèges et lycées, et aux plusieurs centaines d’emplois direct et indirect qui en découlent ( employés municipaux, artisans, emplois de commerces et de services, etc..).
    Dans ce cas, et comme dans une majorité de villes et villages vosgiens en totale déshérences, il n’y aurait plus aucun souci pour trouver à se loger…

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    1. jean-paul petit

      L’ami Chipot a en partie raison. Il y a toute une catégorie de touristes qui ne s’intéressent nullement à la nature, à notre site et à nos paysages. C’est parfaitement vrai qu’on en rencontre peu sur nos sentiers forestiers.
      Alors pourquoi viennent-ils à Gérardmer? Parce que les autres y vont! Le touriste suit les modes, et les modes ne font que passer.
      Quant à dire que les touristes s’empilent, bobos au centre, beubeus au lac, c’est assez réaliste mais peu flatteur pour eux. A moins de les considérer comme des tas de tuiles ou des sacs de sable…
      En revanche, l’argument du dynamisme économique tombe à plat. Ce n’est pas cette catégorie de touristes qui fait vivre Gérardmer. Bien au contraire, la prédation immobilière chasse les familles de Gérardmer. Elles vont vivre ailleurs, et la population baisse. Les chiffres parlent, ils sont objectifs… et désolants pour notre avenir.

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      1. G Chipot.

        L’activité touristique et ses retombées directes et indirectes sont le principal vecteur économique de notre vallée.
        Fini l’époque ou le 15.2 , les Houot, André Freres et autres scieries, Grivel Leroy, les nombreux tissages et blanchiments, assuraient l’essentiel de l’activité.
        Sans le tourisme ,vu l’enclavement de Gerardmer dans un fond de vallée,le nombre d’habitants serait au bas mot divisé par deux.

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        1. G Chipot.

          Je rajouterai que les familles ne restent dans un endroit que si il y a de l’emploi.
          C’est bien ce problème qui est la cause des transhumances vers les villes et la désertification des campagnes.
          Estimons nous donc très très heureux.

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  5. unepubquipaye

    En 1875 fut crée le Comité des promenades de la ville de Gérardmer, sans doute dans un but de développement du tourisme.
    Pour une fois qu’une politique commerciale porte ses fruits, on devrait s’en réjouir.
    Sinon on dirait JC Crouvezier à droite sur la photo, j’espère que l’éthique qui le motive à défendre sa ville ne l’a pas obligée dans le cadre de son activité professionnelle à refuser trop d’affaires… au pire on fera une cagnotte sur leetchi pour l’aider.

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    1. jean-claude crouvezier

      Réponse à unepubquipaye
      Je ne me cache pas, tant sur la photo que dans mes écrits quand bien même cela pourrait porter préjudice à mon activité professionnelle
      L’emploi d’un pseudo ne révèle assurément pas un même courage d’opinion
      Supposant que nous nous connaissons, je me permets de te tutoyer pour te dire que ton commentaire fallacieux ne m’affecte pas.
      Si je traduis ton raisonnement, tu ne désapprouverais pas l’attitude d’un médecin appelant à une augmentation des malades du cancer parce que cela lui ferait gagner plus de fric…
      Je te renvoie à la dernière phrase du courrier que j’avais adressé au commissaire enquêteur le 9 février 2015 dans le cadre de la révison du PLU:
      « Ces observations émanent de l’expérience concrète d’un professionnel de la construction préférant voir préserver le caractère paysager naturel de GERARDMER plutôt que profiter, par le potentiel de clientèle qu’elle pourrait lui apporter, d’une réglementation trop permissive menant elle à la défiguration de la ville »
      Pour la cagnotte, c’est gentil de ta part mais laisse tomber. L’argent n’arriverait pas en suffisance ni assez tôt pour que je puisse me payer le permis moto et acheter ensuite la Harley…
      Je roule en camionnette et ça me va

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  6. Huart Anne

    Petite mise au point sur le tourisme qui fait vivre les locaux. Les 7 personnes que j emploie habitent Granges, le Valtin, Raon aux Bois, le Tholy, Fraize, Anould…une seule Gerardmer. Tous aimeraient beaucoup s installer ici pour des raisons pratiques bien sur. Mais ne le peuvent pas vu le prix de l immobilier.
    Un dirigeant de supermarché m affirmait récemment que son chiffre d affaires stagnait depuis 5 ans !?
    Tourisme oui, c est la principale source de revenus pour la vallée. Mais défiguration des coteaux pour une clientèle qui vient le coffre plein, ne consomme pas et perturbe la tranquillité des locaux, non. Des lits froids par milliers 6 mois sur 12, des quartiers fantômes. A contrario en saison, le skieur qui fait 45 mn de queue ne reviendra plus. Celui qui tourne 1 h pour se garer en été,
    lui non plus. Nous sommes au maximum de nos capacités. Le trop tuera la ville. Non nous ne crachons pas dans la soupe, mais la limite est atteinte.
    Nous pourrons partager nos opinions lors de la réunion publique du 10 janvier.

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    1. Jacques Litaize

      Je suis d’accord avec vous sur la prolifération excessive des constructions sur les coteaux, mais certainement pas en centre ville.
      Si vous pensez que limiter la construction et donc l’offre immobilière en ville va permettre de limiter la hausse des prix de l’immobilier, je pense que vous vous trompez, la pénurie entraîne la cherté.
      C’est l’attractivité touristique qui crée cette hausse des prix, et on n’y peut rien, c’est comme ça dans toutes les villes lorsque la demande dépasse l’offre. Et je ne vois pas comment on pourrait interdire aux personnes extérieures à la ville d’acheter à Gérardmer.

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  7. G Chipot.

    Ne pas noircir dans l’excès la situation.

    1 heure pour trouver une place en été….
    Le skieur qui fait 45 minutes de queue ….
    Une clientèle qui vient avec ses coffres pleins, ne consomme pas et perturbe la tranquillité des locaux…

    Je suis geromois.
    J’apprécie que quelquefois ma ville sorte de son immobilisme pour devenir animée et vivante et ne devienne pas un mouroir.

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  8. Mickaël Regnier

    Au pays des aveugles le borgne est roi. Nous vivons dans une commune où il est de bon ton de se taire. D’ignorer. De laisser faire. Taire les bagarres et courses poursuites nocturnes, la fatigue et le dégoût de notre gendarmerie. Ignorer les malfaçons, les incohérences architecturales, les contraintes effacées par le TOUT déclaratif. Laisser faire l’évènementiel (même privé) décider de notre temps de sommeil. Laisser les trottoirs aux voitures et les routes aux poussettes.
    Venez donc chez nous, tout est permis ! C’est tellement bien connu dans le coin qu’on vient y faire le con le week-end. Ou de l’argent facile en 2 opérations immobilières sans aucune valeur ajoutée. Ajouter 1 m à son avancée de toit, une piscine discrète. Loger 20 personnes et n’en déclarer que 14. On ne verra rien ! C’est du déclaratif !
    Il ne faut pas se leurrer, si on attire les foules, les grandes dents,ce n’est pas que pour le cadre idylique.
    Il serait temps que ça change, n’en déplaise aux accros locaux du système.

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    1. G Chipot.

      Il parait qu’ils mangent meme les enfants.

      Si l’evenementiel n’etait pas privé, nous n’aurions grosso modo que la fetes des jonquilles tout les deux ans et les feux d’artifice…
      J’ai cru aussi en vous lisant voir un rapport de la BAC en Seine St Denis.

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