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jeudi 29 oct 2020
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Le lin : une histoire bien vosgienne avec Huguette Tisserant et Jean-Pierre Houot

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Troisième et dernier rendez-vous des Journées Européennes du patrimoine à Gérardmer, une exposition ainsi qu’une conférence sur le lin vous attendaient le dimanche à l’ancienne école du Phény.

Les visiteurs pouvaient donc visiter librement cette exposition mise sur pieds par l’association de l’ancienne école du Phény et dédiée à l’histoire du lin, de la récolte au tissage et même un peu plus encore. Et pour ceux qui souhaitaient rentrer encore un peu plus dans le vif du sujet, une conférence en compagnie de deux spécialistes était programmée à 15 h 00. On commence avec Huguette Tisserand, artisane-couturière qui est passée par l’école normale nationale d’apprentissage à Paris avant de devenir enseignante au lycée Jacques Augustin à St Dié. Elle a eu en charge les élèves de CAP industrie de l’habillement puis les BEP industrie de l’habillement-technique de coupe, discipline enseignée dans seulement 3 établissements scolaires de l’Est de la France à l’époque. Elle apprécie tout particulièrement les textiles naturels et végétales, passion qui a grandi suite à la découverte d’archives passionnantes dans son village de la Houssière : « Un document de 1893 stipulait qu’un demi hectare de lin était cultivé à l’époque par une trentaine de paysans. En plus de ces archives, j’ai également trouvé du matériel d’époque dans les fermes » explique Huguette.

Tout ce lin était majoritairement utilisé sur place par les autochtones qui travaillaient à façon et vendaient leur production sur le marché de Bruyères. une tradition qui s’est depuis perdue, vous l’aurez compris, mais dont Huguette a conservé précieusement la trace. Quant à sa plus belle trouvaille, c’est sur un vide-grenier qu’elle l’a faite : il s’agit d’une chemise en lin datant de 1900, faite entièrement sur une machine artisanale, à la main, reprisée à plusieurs reprises mais toujours en très bel état. Une scorie de cette époque où l’on cultivait encore le lin dans les Vosges…

Pour sa part, Jean-Pierre Houot est un ancien tisseur (fabricant) et tisserand (travail sur les métiers) qui est passé par l’école de filature et tissage d’Épinal. Il est ensuite parti de zéro en construisant son tissage après ses études et en acquérant différents outils dont une partie se trouve désormais au musée du textile de Ventron. Il a travaillé pour différentes maisons de linge du secteur (Garnier Thiébaut notamment) à façon, a fait beaucoup de nid d’abeille, puis il a commencé à créer ses propres modèles de linge de table et de toilette. Jean-Pierre a également ouvert et tenu avec son épouse un magasin de vente directe à Rochesson jusqu’en 1992. « J’achetais le fil à Vanémont, et le fil de lin dans le Nord, je faisais surtout du dessin géométrique. (…) La commande la plus insolite que j’ai eu ? Je dirai des tapis de prière avec du fil d’or » explique Jean-Pierre qui a désormais cessé toute activité, même s’il donne toujours quelques tuyaux par-ci par-là, à quelques Gérômois…

 




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