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jeudi 29 oct 2020
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« Le Rabbin & le Général » : 2 grands hommes pour une huile sur toile bien ancrée dans son époque Ils gagnent à être connus et les Journées du Patrimoine vous en offraient l'oppportunité

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Degas Varvenne Duval JEP

 

La Ville de Gérardmer participait aux Journées Européennes du patrimoine cette semaine en proposant plusieurs animations du jeudi au dimanche. Pour ouvrir le bal, place à une conférence sur l’œuvre d’Edgard Degas « Le Rabbin & le Général » menée par Vanessa Varvenne et Jean-François Duval.

Et c’est à la MCL qu’une quarantaine de personnes se sont réunies jeudi soir pour assister à cette conférence issue d’un travail de recherche à 4 mains relativement fructueux. Le projet est en effet né d’une démarche de Jean-François Duval, rapidement rejoint par Vanessa Varvenne, permettant ainsi des échanges très constructifs sur le sujet, car comme le précisait l’ancien professeur d’Histoire-Géographie : « Quand on est tout seul, on peut vite tourner en rond… » Et les acolytes n’ont pas chômé concernant cette petite huile sur toile de 22 cm sur 16 qui fait partie du fameux legs Reinach et qui a déjà beaucoup voyagé pour être exposée aux 4 coins du globe. Son auteur, Edgard Degas, né en 1834, évoluait dans la mouvance de l’impressionnisme et avait une approche singulière du portrait notamment. Il ne travaillait habituellement pas sur commande, même en période de vache maigre, et aimait, surtout à ses débuts, prendre des personnes de son entourage sur le fait. Grand ami de Manet, nationaliste convaincu tout comme lui, il s’engagera avec ce dernier dans la Garde Nationale pendant la guerre de 1870-1871. Une période pendant laquelle Degas perdra deux amis et dont il ressortira touché moralement, physiquement et politiquement.

C’est néanmoins pendant cette guerre qu’il a peint « Le Rabbin & le Général » , sans doute pour rendre hommage à deux hommes : le Grand Rabbin Astruc, homme de caractère, non-conformiste qui fut Grand Rabbin de Belgique, Grand Rabbin du consistoire de Bayonne et également publiciste et écrivain ; ainsi que le général Mellinet, militaire pur jus, « Braves des Braves » affichant 17 Grands-Croix, collectionneur et humaniste. Deux personnages qui, selon certains, se connaissaient au préalable, et pourtant… Malgré les recherches des deux conférenciers du jour, il n’est même pas certains que les deux hommes se soient rencontrés pendant cette fameuse guerre, dans un hôpital de campagne ou au service des ambulances par exemple, Mellinet ayant été blessé. Il est encore moins probable que les 3 hommes aient été réunis au même endroit au même moment. Le rabbin et le général avaient-ils des amis communs avec Degas ? Il reste un flou sur la question. Le peintre aurait très bien pu peindre l’un et l’autre séparément, ou les deux de mémoire comme il l’a fait pour d’autres toiles. Il avait tout à fait le talent (et précisément la mémoire !) pour procéder ainsi, la qualité, la précision de ses portraits sont absolument impressionnantes ! Ce qui est sûr, c’est que cette toile a permis de découvrir deux grands hommes pourtant mal connus du grand public, et cela grâce au legs Reinach qui regorge très probablement de bien d’autres merveilles !




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