Search
mercredi 25 nov 2020
  • :
  • :

Les commerces de proximité : tous essentiels, bons élèves du protocole sanitaire… Et malgré tout sacrifiés. Communiqué

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
image_pdfimage_print
gérardmer animation logo
Les commerces de proximité : tous essentiels, bons élèves du protocole sanitaire… Et malgré tout sacrifiés.
La crise sanitaire que nous vivons est indéniable. La nier serait à la fois stupide, irresponsable et particulièrement irrespectueux envers les centaines de milliers de ses victimes en France et dans le Monde et leurs familles. Durant plusieurs mois, les différents protocoles sanitaires en vigueur sur l’ensemble du territoire national avaient semblé permettre de contenir l’épidémie et ainsi rendre à nos concitoyens un semblant de vie normale. Il n’en était rien ! Les chiffres sont là, les morts aussi, et nos services de santé s’attendent à être saturés d’ici peu. Il était donc nécessaire que les pouvoirs publics prennent des mesures fortes afin d’endiguer ce fléau qui peut toucher chacun d’entre nous, nos proches, nos collaborateurs, nos clients…
Nous sommes désormais entrés dans le « Confinement version 2 ». Les mesures de confinement ont été assouplies, mais soulèvent néanmoins de réelles questions. Si la préoccupation sanitaire reste prioritaire, d’autres facteurs, non moins importants pour notre société, semblent entrer en considération dans les décisions actées par l’exécutif. Prenant en compte l’intérêt de l’enfant, l’aspect social et éducatif : écoles, collèges et lycées, alors qu’ils sont naturellement des lieux de propagation du virus au sein de leur jeune public (souvent porteur sain et peu accommodé à la distanciation physique) sont maintenus en activité. De même, les transports en commun, nécessaires à la continuité d’un minimum d’activité dans notre pays, sont également actifs. Dans ces deux cas, les facteurs sociaux, sociétaux et économiques sont donc intervenus dans les décisions prises par le Gouvernement. Et si l’activité économique et sociale est clairement prise en compte, ne sommes-nous pas, nous commerçants, essentiels au maintien de l’activité de notre pays ?
Bons élèves reconnus du protocole sanitaire lors du premier déconfinement, les commerces ont été soumis à une attention toute particulière et ont veillé scrupuleusement au respect des réglementations qui ne manquaient pas d’évoluer. Nécessitant des investissements parfois lourds pour certaines structures (achats de masques, de gel HA, de parois plexiglas, …), les protocoles sanitaires successifs ont aussi, par leur incompréhension et leur rigueur dans nos établissements en particulier, généré des tensions avec une partie de nos clientèles qui ne souhaitait pas s’y soumettre ou ne les comprenait pas. Nous sommes pourtant resté garants de leur respect, en appliquant à la lettre ces directives qui conditionnaient le maintien de notre activité. Coûte que coûte, refusant des ventes, refusant l’égoïsme et le manque de responsabilité de certains, usant de pédagogie et de patience, nous sommes restés fermes. A Gérardmer et au sein de l’association des commerçants et artisans que je préside, je peux affirmer que, pour la grande majorité d’entre nous, nous avons été exemplaires quant au respect de ces mesures : distanciation physique, gel HA, port du masque, limitation du nombre de clients (4m² par personne) et affichages correspondant. Nous avons par ailleurs été régulièrement contrôlés par la Gendarmerie (2 à 3 fois pour certains commerces). Ainsi, Gérardmer Animation réaffirme avec fermeté que tout aura été mis en oeuvre afin de préserver la santé des clients et de nos collaborateurs.
Pour autant, le couperet est tombé sur nos établissements: nous sommes dangereux et non-essentiels : rentrez chez vous, on ferme !
C’est un choc pour un grand nombre des professionnels indépendants, d’autant plus que la période s’annonçait des plus importantes pour leurs activités et laissait envisager enfin une certaine éclaircie sur le plan financier dans cette année très difficile. Il est désormais acquis que la saison de Noël est largement amputée pour de nombreuses activités qui réalisent une grande part de leur chiffre d’affaire à cette période. C’est un choc aussi pour nos collaborateurs qui sont parfaitement au fait des réalités de la gestion d’une entreprise et qui sont donc très inquiets pour les mois à venir. Je rappelle ici que Gérardmer Animation c’est 151 commerces adhérents et 840 emplois. A l’heure actuelle, je ne suis pas certain de pouvoir annoncer les mêmes chiffres d’ici quelques mois !
Au travers des choix opérés se posent ainsi deux questions principales :
– Sur l’aspect sanitaire : est-il bien cohérent de ‘confiner’ la population et de fermer des établissements qui accueillent quelques dizaines de clients par jour (petits commerces, bars, restaurants,…) et qui respectent scrupuleusement les règles, tout en maintenant ouverts d’autres qui voient s’agglutiner des centaines de personnes de manière permanente avec un respect moindre des gestes barrière. Les petits commerçants, bons élèves des protocoles sanitaires vivent un sentiment d’injustice.
– Sur l’aspect économique et social : ces mesures font porter un risque majeur sur l’ensemble des petits indépendants et leurs collaborateurs, déjà fragilisés par le premier confinement.  Pour passer le cap du Printemps, les entreprises se sont surendettées (250 prêts bancaires contractés sur Gérardmer !) et devront rembourser à la sortie de l’hiver, elles n’ont donc plus de marge de manoeuvre ! Quant à la distorsion de concurrence ainsi créée, notamment au bénéficie de plateformes de vente en ligne à l’approche de Noël, elle est vécue comme une trahison, celles-ci n’étant pour leur part que très peu contributrices à l’économie et la fiscalité locale.
Aujourd’hui, les petits commerçants, les indépendants de centre-ville que nous sommes, sont abandonnés, sacrifiés. Ceci est parfaitement injuste, injustifiable sur le plan sanitaire, incohérent en comparaison à d’autres secteurs de la société et dramatique sur le plan économique et social.
Nous ne sommes pas délocalisables, nous sommes corvéables à merci, ponctionnables toute l’année, imposables à souhait… Il est peut-être temps que nous soyons, comme tout un chacun, considérés et soutenus de la seule manière qui soit : nous laisser travailler, nous laisser créer de l’emploi, de l’investissement et du lien social toute en protégeant nos collaborateurs et nos clients comme nous avons montré que nous étions capables de le faire.
En mars dernier, le Président de la République a refusé de confiner exclusivement les personnes à risques, projet considéré comme discriminatoire au regard de la loi française. Qu’en est-t-il aujourd’hui de la discrimination et la distorsion de concurrence dont nous sommes désormais victimes de par ce confinement et la fermeture de nos établissements ?
Nous avons sur ces questions, interpellé nos élus locaux et parlementaires, ainsi que les services de l’Etat, et nous espérons pouvoir prochainement vous informer des effets concrets de leurs actions respectives.
Le Président de « Gérardmer Animation »,
Nicolas RUMEAU



13 réactions sur “Les commerces de proximité : tous essentiels, bons élèves du protocole sanitaire… Et malgré tout sacrifiés.

  1. LE CHOIX DE LA CATALOGNE

     » En Espagne, les régions peuvent décider de mesures de restrictions pour lutter contre le coronavirus.
    La Catalogne a pour une fois fait tout l’inverse que sa voisine française. Dans la région espagnole, tous les petits commerces jugés « non-essentiels » comme les salons de coiffure, magasins de vêtements ou encore librairies restent ouverts au public. En revanche, le gouvernement régional a imposé de strictes restrictions pour les plus grandes surfaces.
    Depuis vendredi dernier, tous les magasins de plus de 800 mètres carrés doivent rester portes closes ou réduire leur superficie. Et les centres commerciaux sont eux-aussi fermés : seules les boutiques ayant une sortie directe sur la rue peuvent ouvrir.

    Bars, restaurants, théâtres et cinémas fermés »

    SOURCES : RFI. 3/11/2020

    répondre
  2. PierreL

    La santé est la priorité des priorités. L’intérêt des petits commerces passe après. Désolé pour eux mais c’est tout à fait normal.
    Indemnités pour les commerçants, chômage partiel pour les employés, ils ne sont pas aussi « oubliés » qu’ils veulent bien le dire.
    Quelques-uns s’adaptent et innovent; on ne les entend pas se plaindre.
    D’autres se lamentent et ne font rien mais on n’entend qu’eux.

    répondre
    1. jack

      vous êtes bien affirmatif cher monsieur…..en quoi est ce plus dangereux de se faire coiffer que d aller faire la queue à leclerc….et vous oubliez l état moral des français …..la covid tue , oui , essentiellement des personnes en fin de vie…pas des enfants ou des jeunes adultes…alors démolir toute la société pour en plus ne pas sauver de vies (taux de mortalité de la france bientôt au niveau des usa) laisse le droit de douter très fortement de ces « mesures »….

      répondre
      1. PierreL

        On ne « démolit » pas « toute la société » en essayant de sauver des vies !
        Les contraintes sanitaires sont nécessaires pour ralentir le virus. En laissant bien sûr ouverts les commerces d’alimentation, c’est indispensable. Les autres peuvent très bien patienter 15 jours. Mais grâce à vous et à quelques autres ce sera au moins 1 mois, voire beaucoup plus !

        répondre
      2. Bingo.

        C’est l’arbitrage pas simple entre risque sanitaire et économique.
        Avec pour ligne rouge la maitrise des services de réanimation.
        Mais nous allons avoir beaucoup de mal à ne pas les saturer avec le niveau de confinement soft qui est actuellement mis en place.
        Il est à craindre que cela confirme malheureusement le dicton « reculer pour mieux sauter « .
        Et là, les impatients hurlerons de plus belle après le gouvernement.

        répondre
    2. NR

      Vous avez raison : c’est les vacances, de quoi se plaint-on ! Merci pour votre clairvoyance !!! Et si la santé est votre priorité, réfléchissez un peu à ce qui est ouvert et ce qui ne l’est pas… Et expliquez la cohérence sanitaire…

      répondre
      1. PierreL

        Vous avez besoin de faire des courses pour manger, n’est-ce pas ?
        Avez-vous besoin d’aller chez le coiffeur ou chez le fleuriste ou chez le libraire tous les jours? est-ce que vous ne pouvez patienter 15 jours ou 1 mois ?
        Si oui, vous avez compris la « cohérence » des mesures de restriction.

        répondre
        1. NR

          Mais la question n’est pas de savoir ce qui essentiel pour vous ou pour les autres. La question c’est la survie de certains acteurs. C’est à se demander d’où vient l’argent qui sert à payer votre salaire si vous ne comprenez pas ça !

          répondre
          1. PierreL

            « la survie de certains acteurs », lesquels ?
            N’oubliez pas que la « survie » de chacun d’entre nous, y compris de « certains acteurs » dépend surtout de notre capacité collective à empêcher le virus de circuler.
            Les contraintes, difficiles mais nécessaires, seront d’autant plus courtes qu’elles seront scrupuleusement respectées.

        2. jack

          Mon brave pierrel , le souci n est pas de savoir ce qui est essentiel ou pas, mais dans quel genre de commerce on a le plus de risque d’attraper ce virus…si vous pensez que les grandes surfaces ,fréquentées par des centaines de clients( qui ,en plus ,se servent dans les rayons et donc touchent les produits , les caddies etc)sont plus sûres que des petites boutiques avec des jauges à deux clients ,où l’on vous sert ,alors je crois que votre sens de la logique suit une courbe inversement proportionnelle à celle des test covid positifs…le pire est que vous êtes sans doute de bonne foi…tiens , Véran qui avait promis 12000 lits de réa et se retrouve avec 5000 comme en mars ,annonce que bof , finalement les lits de réa ne sont pas le problème , que le problème vient des méchants citoyens ,oui ceux là même qu ‘on a encouragé à sortir et à partir en vacances…quand le n’importe quoi gère un pays et manipule les moins éclairés et instruits pour diviser le peuple…

          répondre
          1. PierreL

            « le souci n est pas de savoir ce qui est essentiel ou pas », (???)
            Après ça il n’y a plus qu’à tirer l’échelle et s’accrocher au pinceau !
            Et où est votre « logique » quand vous voulez fermer les grandes surfaces et ouvrir les petits commerces « avec des jauges à deux clients » ? Les petits commerces ne suffiraient pas, les files d’attente seraient interminables et les stocks rapidement épuisés.
            Et puis le pire c’est que vous n’êtes certainement pas de bonne foi et que vous répétez bêtement les chiffres fantaisistes de ceux qui ne veulent surtout pas que le re-confinement réussisse : c’en serait fini de leurs ambitions politiques !

  3. jezee

    Je suis plié en deux de rire. Vous êtes aller à la zone intermarché ? C’est le centre de vacances. Les gens se promènent dans les magasins comme des vacanciers. On voit des gens du bergon se trimballer toute la journée de magasin à magasin.quel confinement… A côté de ça les gendarmes contrôlent les gens des campagnes qui rentrent dans Gérardmer pour faire leur courses, on importune les gens qui sont loin de tout plutôt que de contrôler les gens  » de  » gerardmer qui ne respectent pas celui si. On est pas prêt de se dépêtrer de ce virus.

    répondre
  4. Bingo.

    J’ai vu tout à l’heure quelqu’un ressortir d’un supermarché avec en tout et pour tout ….2 litres de lait.
    Est ce bien raisonnable….

    répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.