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vendredi 30 juil 2021
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Communiqué : Le loup abattu au Val-d’Ajol est né en Allemagne en 2019 Découvrez son parcours à travers les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Photo d'illustration

Photo d’illustration

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 2020, un loup a été légalement abattu sur le territoire de la commune du Val-d’Ajol dans le département des Vosges (France) après une série d’attaques sur ovins et jeunes bovins. Cet animal était entré à plusieurs reprises à l’intérieur d’étables ouvertes, ce qui a déclenché la prise d’un Arrêté Préfectoral de tir dérogatoire au statut de protection de l’espèce sur la zone.

Comme pour chaque dépouille de loup, l’Office français de la biodiversité (OFB) en charge du suivi de l’espèce en France, a demandé une analyse génétique conduite par son laboratoire partenaire ANTAGENE. Les résultats ont montré une signature génétique typique des populations de loups d’Europe centrale et de la Baltique (haplotype W1 selon PILOT, 2010) et non de la souche franco-italienne présente historiquement sur le territoire français depuis le début des années 90.

Grâce à une coopération scientifique internationale, la comparaison de l’empreinte génétique de cet animal avec la base de données du consortium « Central European Wolf » (CE Wolf), en charge du suivi de l’espèce pour cette partie de l’Europe, a révélé que ce loup était identique à l’individu connu sous le code GW1554m.

Les techniques de suivi moléculaire non invasives ont permis aux biologistes de différents pays du nord de l’Europe de retracer l’histoire de vie de ce loup disperseur, depuis l’Allemagne jusqu’en France en passant par les Pays-Bas et la Belgique.

Cet individu est né en 2019 dans la meute de Herzlake en Basse-Saxe (Allemagne) près de Meppen, et a été identifié pour la première fois à partir d’un échantillon d’excréments le 1er janvier 2020. A travers l’analyse des pedigrees des loups connus dans la base de données du CE Wolf, les ancêtres de cet animal, appartenant à différentes meutes d’Allemagne et de Pologne, ont été tracés sur trois générations. Il a été détecté ensuite à plusieurs reprises sur des moutons tués en Basse Saxe et en Brème entre février et avril 2020. Dans la seconde moitié

Carte de ofb.gouv.fr

d’avril 2020, il est apparu pour la première fois dans l’est des Pays-Bas (Gelderland), et s’était déplacé plus au sud-ouest début mai. Lors de son séjour aux Pays-Bas, il a tué plus de cinquante moutons et a souvent été vu en plein jour. Sa dernière observation dans le pays remonte au 1er juin 2020. Il a été filmé en caméra vidéo à Oud-Turnhout en Belgique quelques jours plus tard et s’est déplacé ensuite plus au sud dans la province d’Anvers, où il a été fréquemment vu, photographié et filmé par un grand nombre d’observateurs. Pendant cette période, il a tué quelques moutons et une vache laitière. Le 19 juin, il a été heurté par une camionnette à Turnhout en Belgique (confirmation génétique). Il ne semblait pas vraiment affecté par l’incident, il a été revu le lendemain aux abords d’une attaque constatée sur un mouton.

Fin juin 2020, il disparaît brièvement puis il est vu à nouveau une semaine plus tard dans l’est de la Belgique, près de la frontière allemande. Ensuite, il a continué à migrer vers le sud, comme en témoignent les traces d’ADN relevées sur les animaux tués, dont deux veaux dans une étable ouverte dans les provinces de Liège et plus au sud dans la région frontalière germano-luxembourgeoise en Rhénanie-Palatinat (DE) où il tue deux veaux et quatorze ovins sur une période de onze jours. La dernière présence confirmée de GW1554m en Allemagne remonte au 26 juillet 2020.

Moins d’un mois plus tard, des attaques sur troupeaux domestiques sont relevées dans les départements des Vosges puis de la Haute-Saône sur le territoire français. On remarque en particulier une attaque sur un veau laitier dans une étable. Dans les semaines qui ont suivi cet incident, il a attaqué à plusieurs reprises des ovins et des veaux, et a été photographié plusieurs fois par des caméras automatiques. Son comportement de prédation étant particulièrement important, une autorisation de tir a été délivrée par les autorités françaises afin d’abattre ce loup. Il a été prélevé alors qu’il poursuivait du bétail dans la nuit du 22 au 23 septembre 2020.

L’identification de ce loup résulte d’une collaboration entre des laboratoires de recherche français, belges, allemands et néerlandais, avec la collaboration des différentes autorités régionales et nationales. Le loup est une espèce très mobile, capable de mouvements de dispersion sur de longues distances pour trouver un territoire vacant où s’installer. A vol d’oiseau, cet individu a parcouru environs 1000 km en 4 mois. Les analyses génétiques harmonisées à l’échelle des différents pays européens permettent d’optimiser son suivi et la connaissance de cette espèce.

Communiqué de l’Office Français de la Biodiversité




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