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jeudi 15 avr 2021
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Le Salon à la Ferme : visite autour de la distillation à la ferme du Bien-Être Promotion de l'agriculture paysanne autour de la filière des plantes arômatiques avec Clément Urion

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Du sapin distillé dans un alambic en inox, plus neutre que l'alambic en cuivre, moins "spiritueux" prétendront les puristes...

Du sapin distillé dans un alambic en inox, plus neutre que l’alambic en cuivre, moins « spiritueux » prétendront les puristes…

 

Pas de Salon de l’Agriculture cette année en raison du COVID. Cependant, la Confédération Paysanne a décidé de « faire salon dans toute la France » en organisant des « fermes ouvertes » via son réseau afin de faire découvrir l’agriculture paysanne. Dans les Vosges, deux étapes étaient proposées : à la Ferme du petit Paris à Uzemain, ainsi qu’à la Ferme du Bien-Être au Beillard (visite ce mardi et encore ce mercredi à 11 h 00 pour les personnes intéressées).

Clément Urion était en charge de cette "ferme ouverte" au Beillard.

Clément Urion était en charge de cette « ferme ouverte » au Beillard.

Et c’est Clément Urion, arrivé dans la ferme en 2012, qui accueillait les visiteurs ce mardi matin pour une petite session autour de la distillation, et plus précisément d’un produit phare : le sapin. « Cela fait partie des symboles des Vosges, dans les arômes c’est un des préférés et nous fournissons entre autre deux professionnels qui jouent le jeu en achetant leur huile essentielle chez nous à un prix certes plus élevé, mais pour un produit de meilleure qualité » explique l’hôte du jour. En effet, à la ferme du Bien-Être, on travaille beaucoup à la main, ce qui implique des avantages qualitatifs dans la culture, le ramassage et la sélection de la soixantaine de plantes qui sont transformées sur place au Beillard. Revenons-en au sapin par exemple : « Nous allons le chercher derrière les coupes des forestiers. Comme nous ne sommes pas mécanisés, nous avons un impact très faible sur la forêt, nous faisons là encore tout à la main ce qui nous permet de bien sélectionner les sapins pour une haute qualité aromatique » ajoute Clément Urion.

visite ferme du bien être (6)Côté distillation, pour 500 kg de sapin, on obtient généralement 1,5 litre d’huile essentiel, ce qui est un rendement dans la moyenne par rapport aux autres plantes. Certaines comme le lavandin peuvent donner jusqu’à 4 litres et d’autres à peine un demi litre, ce qui explique parfois le tarif élevé de quelques huiles essentielles. Parmi les autres plantes emblématiques de la ferme, on retrouve également la monarde, l’Arnica bien sûr, ou encore la menthe bergamote, délicieuse en sirop, en tisane ou en mojito. Toutes ne finissent pas nécessairement en huiles essentielles d’ailleurs, mais aussi en cosmétiques ou tout simplement pour l’alimentaire, sachant que certaines plantes ont plusieurs qualités, bienfaits, utilisations, et c’est là que ça se complique : « Nous devons avoir une étiquette pour un usage. La règlementation nous impacte beaucoup : nous n’avons pas le droit de parler des vertus de nos plantes. Nous pouvons dire qu’elles sont médicinales mais nous ne devons pas évoquer les vertus, c’est interdit par la loi et réservé aux pharmaciens. Alors bien sûr, nous ne sommes pas docteurs, mais on a envie d’informer les gens sur les plantes qui sont par ailleurs à la base de nos médicaments et très présentes au niveau culinaire. » précise Clément Urion.

visite ferme du bien être (2)Et d’ajouter : « Ça évolue, mais il faut se battre. Nous travaillons avec le sénateur Labbé notamment, afin d’élargir la liste des 148 plantes que nous pouvons vendre. C’est principalement l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui va chapeauter tout ça. Nous travaillons également sur les allégations (sur les étiquettes notamment) afin de pouvoir dire que telle ou telle plante a des vertus digestives par exemple, etc. Et enfin, nous souhaitons qu’il y ait un référentiel métier intitulé paysan herboriste, c’est important car, en plus, il faut savoir que depuis plusieurs années le diplôme d’herboriste n’est plus un diplôme d’Etat… » Il y a du pain sur la planche… Et ce n’est pas là le seul combat dans lequel s’impliquent Clément Urion, ses associés Jefferson Mény et Nicolas Thomas, ainsi que certains agriculteurs paysans : « Nous voulons aussi montrer que, en vente directe, avec un peu plus d’une soixantaine de plantes que nous produisons plus les plantes sauvages que nous récoltons, nous sommes 6 (3 associés plus 3 salariés – NDLR) à vivre sur un hectare et demi. C’est pour cela aussi qu’on a voulu maîtriser toutes les étapes, de la graine jusqu’au billet. »

Des propos que prolonge Éliane Romani, tête de liste EELV candidate à la présidence de la région Grand-Est, ainsi que Lou Noirclère, tête de liste dans le département des Vosges. Éliane Romani qui a signé une tribune dans Le Monde évoquant cette agriculture paysanne qui s’oppose à l’agriculture industrielle. Une agriculture paysanne qui, pour reprendre ses propos, génère plus d’emplois tout en étant plus respectueuse des sols, de l’eau, créée du lien social etc… « C’est un type d’agriculture que nous devons soutenir au niveau de la Région. Nous devons notamment faciliter l’accès de ces personnes au foncier, c’est un enjeu extrêmement important à l’heure actuelle » précise-t-telle.

 

Éliane Romani et lou Noirclère étaient présents ce mardi matin pour représenter EELV.

Éliane Romani et lou Noirclère étaient présents ce mardi matin pour représenter EELV.




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