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mercredi 12 mai 2021
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Chantier en cours chemin des Oubliés : « Il y a urgence ! » Une zone humide menacée et un nouveau collectif qui tire la sonnette d’alarme

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Ultime question diverse abordée lors du conseil municipal, le chantier mené chemin des Oubliés n’a, lui aussi, sans doute pas fini de faire couler de l’encre. Un collectif de riverains s’est formé pour dénoncer ce saccage d’une zone humide et un non respect des prescriptions du permis de construire.

Samedi matin, un collectif de riverains s’est réuni pour tirer la sonnette d’alarme concernant le chantier entrepris dans le secteur du chemin des Oubliés, sur le coteau des Xettes. Collectif qui dénonce le saccage inévitable d’une zone humide qui fait pourtant partie de la cartographie qui vient tout juste d’être établie, la destruction du lit d’un cours d’eau et son entrave et le non-respect des prescription d’un permis de construire délivré en septembre 2019.

Des riverains qui n’en reviennent tout simplement pas en constatant l’avancée de ce chantier qui, selon eux et l’étude de documents officiels, ne respecte pas le permis de construire initial : « A l’œil nu, ce projet immobilier ne respecte pas les prescriptions du permis de construire délivré par la mairie : visiblement, il dépasse la surface au sol préconisée qui est de 150m². Concernant le décaissement, il était inscrit « pas plus de 3 mètres », et là encore, on voit que la surface a été décaissée, par endroit, sur plus de 4 mètres. Ce n’est pas conforme au permis qui préconise un décaissement adapté à la courbe du terrain. De plus, ce chantier se pose sur un cours d’eau identifié par la DDT au titre de la Police de l’Eau, détruisant ainsi son lit et détruisant son enrochement. (…) Pour rappel, un document de la DDT au titre du service de l’eau précisait en 2019 que le remblais, le drainage et l’asséchement de ces milieux ne sont pas autorisés » et que « la zone huide sera conservée intacte » (source : document officiel de la DDT).

Le permis de construire prescrit également une construction de l’habitation sur pilotis, ou sur pieux. Là encore, on doute que cela soit respecté. Ce qui semble se profiler est la création d’une dalle de béton pour insérer les pieux avec un sous-sol de la zone humide qui sera détruit avec une surface de la maison qui sera imperméable. (…) Avec ce chantier, on détruit également l’habitat de certaines espèces protégées  à l’image de certains crapauds. C’est un site meurtri qui peut encore être sauvé, mais il y a urgence. Nous nous attendons à tout moment à voir les bétonneuses arriver et nous invitons les autorités compétentes de la mairie, de la DDT, de l’ABF et même de l’ONEMA (Office National de l’EAU et des Milieux Aquatiques – NDLR) à se rendre sur place pour constater les infractions et l’avancement des travaux qui sont non conformes aux exigences du permis de construire ! » précise les membres du collectif.

Et d’ajouter : « Pourtant, depuis 2015 et les préconisations du commissaire enquêteur, la mairie avait forcément conscience de la nécessité de protéger les zones humides, sans quoi les dommages seront irréversibles, il n’y aura pas de retour en arrière possible. Des préconisations qui prônaient la cartographie des zones humides et leur intégration au PLU dans les plus brefs délais. Il y a désormais urgence de mettre tout cela en pratique. (…) Ce chantier est l’exemple type du non respect des zones humides et des prescriptions des permis de construire, et cela en toute impunité ! »

Des riverains consternés, qui ne décolèrent pas et qui incitent les autorités compétentes à agir au plus vite. Lors du conseil municipal, le maire a pris la parole sur ce dossier, « un cas particulier » puisque le permis de construire avait été déposé en septembre 2019, date à laquelle la cartographie des zones humides n’avait pas encore été établie. « La police de l’eau avait été consultée et avait posé des prescriptions pour préserver la zone afin que le permis puisse être validé. En 2020, le permis avait une nouvelle fois été déposé avec des modifications d’emprise au sol. Modifications qui avaient donc été refusées. En janvier 2021, ce sont des modifications de façade et de raccordement qui avaient été proposées et validées. (…) Le problème est que le permis initial est purgé de tout recours et que la loi n’est pas rétroactive. Nous ne sommes donc pas sûrs de pouvoir faire quelque chose. Je dois m’entretenir avec le Préfet sur ce sujet la semaine prochaine » avait précisé Stessy Speissmann ce jeudi. L’entretien de la dernière chance serait-on tenté de dire, pour cette zone humide déjà fortement impactée par le décaissement et dont l’avenir est plus qu’incertain.




14 réactions sur “Chantier en cours chemin des Oubliés : « Il y a urgence ! »

  1. Espoir

    On bétonne les coteaux, on détourne des cours d’eau …
    N’est ce pas l’origine de la multiplication des inondations dans la ville ?
    Mr le Maire, prenez vos responsabilités pour éviter des mises en cause futures pour manquements dans la gestion de votre commune
    Il est encore temps d’agir mais il faut le faire rapidement

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    1. Gilles.

      Il faut savoir raison et nuances garder.
      Préservation et respect des zones humides bien évidemment.
      Par contre des inondations à Gérardmer, au sens catastrophe du terme, je n’ai encore jamais vu ça .
      L’unique fois ou j’ai vu la Jamagne légèrement sortir de son lit et déborder sur le boulevard, ce sans grandes conséquences, c’était avant que les travaux de déviation de Forgotte ne soient entrepris au niveau du LIDL.

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      1. CG

        Hormis les accidents, c’est souvent ça + ça + ça + ça qui fait que…et aujourd’hui n’est plus hier.
        Continuons à bétonner les coteaux, à détruire les cours d’eau et les zones humides, véritables éponges, et vous verrez bien. Nous allons immanquablement essuyer des tempêtes et des pluies diluviennes bientôt compte tenu du dérèglement climatique. Si nous continuons à détruire notre environnement, les conséquences seront aggravées.
        C’est maintenant que nous devons agir pour demain en conformité avec les recommandations des experts et les politiques ont un rôle essentiel à jouer, maintenant, en gouvernant.
        Il est urgent qu’ils prennent ici pleinement conscience de ce qui se passe et agissent en conséquence pour aujourd’hui et pour demain.
        Effectivement, et je rejoins le premier commentaire, ils ne pourront pas dire que nous ne savions pas. Mais sont-ils vraiment soucieux de demain, obsédés par le court termisme, mal de ce siècle ?

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  2. Maxime Acker

    On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire-On ne peut rien faire.

    Mais ça commence à bien faire…

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  3. jean-paul petit

    Bon, le dérèglement climatique, les tempêtes, les inondations, tout ça, peut-être. Je ne suis pas climatologue.
    En revanche, « il y a urgence « , « le chemin des oubliés » ça sent bon la fiction. N’oublions pas que Gérardmer aime le cinéma et est aimée de lui (Fantastica, Graines des toiles, Zone Blanche…).
    Personne n’imagine donc qu’on laisserait bétonner une zone naturelle précieuse pour le seul intérêt de quelque promoteur ou pire par la négligence coupable de quelque autorité.
    Donc, cette histoire est fictive.
    Le scénariste a imaginé une sombre histoire de gros sous, sur fond de spéculation immobilière. Le genre de truc qui marche bien.
    Le personnage principal est le capitaine Maroilles, commissaire-enquêteur spécialisé dans les zones humides. A ce stade, on recherche d’ailleurs activement la personne qui voudra jouer ce rôle brillantissime.
    On peut déposer sa candidature au BPMP (Bureau des Permis de Massacrer les Paysages).

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  4. Colibri

    M Gilles serait il ami avec les promoteurs ? Les dits promoteurs paient ils des pots de vin pour continuer leur travail de destruction sans être inquiétés ????

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      1. jack

        Gillou , j’espère que t’as prévu un spa pour cette nouvelle construction , c’est une zone humide , l’eau devrait pas manquer:)et bon c’est le dernier chalet que tu construis , ok , parce que faut quand même pas abuser , hein

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  5. ????

    Au vu des photos , des commentaires, cette affaire ne serait ‘elle pas tout simplement une question de riverains mécontents de voir disparaître leur magnifique paysage . Si j’en crois les photos ,le nombre d ‘habitations et de parkings bétonnés déjà présents, ont sûrement ,sérieusement abîmés , voir détériorés cette zone humide et ces coteaux magnifiques .!!!!!!!!

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  6. Dunezat

    Une fois encore cet exemple montre l’impéritie de l’équipe municipale à gérer les dossiers sensibles. A quoi bon édicter des règles si ce n’est pour ne pas les faire appliquer ?
    Ce dossiers est un scandale de plus à mettre au crédit de la mairie.
    Concernant les inondations, il ne s’agit pas uniquement de la Jamagne, mais également des débordements nombreux qui ont lieu lors de fortes pluies sur les coteaux.
    Comme les parisiens qui s’insurgent contre la saleté de leur ville, « arrêtons le massacre de Gérardmer ».

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  7. Gilles.

    Oh mon dieu.
    Gérardmer inondé.., caves noyées.., ruisseaux qui débordent…
    Manque plus que les pompiers en zodiac rue Charles de Gaulle et les ballets d’ hélicos pour évacuer les gens refugiés sur les toits…

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