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mercredi 20 oct 2021
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Atelier participatif plan Grands Lacs : co-construire un avenir Un diagnostic qui fait frémir et des moyens d'agir

Linge de maison des Vosges à Gérardmer
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Dernier d’une série qui avait débuté dans la matinée, l’atelier participatif plan Grands Lacs dédié aux habitants de Gérardmer et Xonrupt-Longemer s’est déroulé ce jeudi soir du côté de l’Espace LAC en présence des maires des deux communes.

En effet, plusieurs ateliers du même type avaient déjà été animés un peu plus tôt dans la journée pour les collectivités, usagers et acteurs économiques des 3 lacs de la vallée (et prochainement pour les vacanciers, les grandes vacances approchant à grands pas), l’intention du plan Grands Lacs étant de coconstruire, de s’ouvrir et de s’entourer d’un maximum d’acteurs pour parvenir à ses fins : préserver les lacs et en améliorer la qualité. Pour dynamiser le projet, contribuer à déployer le plan et faire le lien entre les différents acteurs, le cabinet conseil Res-Publica a été sollicité et intervient depuis février avec les deux communes. Cabinet représenté par Déborah Chauvet et Frédéric Fiatte qui ont notamment animé les ateliers de ce 1er juillet.

Mais les deux intervenants principaux de ces ateliers étaient Pierre-Olivier Lausecker de l’agende de l’eau Rhin-Meuse, et Louis Hermon du Conservatoire d’Espaces Naturels de Lorraine (CEN), les deux structures qui portent le plan Grands Lacs. Un plan qui est déjà mis en route, comme l’ont rappelé les deux hommes : « Des choses ont déjà été faites par les communes et en collaboration avec ces dernières. Aujourd’hui l’idée est d’englober la population, de l’impliquer dans la démarche. Un diagnostic sur les 3 lacs a également été réalisé sous l’égide de l’agence de l’eau par une promotion d’étudiants. Il s’agit d’un document en plusieurs volumes vraiment très complet avec un livret d’actions qui a été soumis aux élus concernés » expliquent-ils.

Concernant le diagnostic, les deux intervenants n’ont pas souhaité être alarmistes, mais les faits et les chiffres sont relativement parlants. Les 3 lacs « ne sont pas en très bon état » : ils manquent d’eau, souffre de la pollution et de l’artificialisation, un profond déséquilibre piscicole s’est installé et le phénomène d’eutrophisation se fait de plus en plus sentir (indigestion aigüe des lacs). « Il n’y a pas assez de brassage et l’oxygénation des eaux profondes ne se fait plus correctement. Il y a une situation de déséquilibre qui pourrait amener à celle que connaissent certains autres lacs de la région, à savoir la fermeture de la baignade en été. Il faut se préparer et agir pour éviter cette situation. Il n’est pas trop tard, mais c’est le moment car le manque d’eau à Gérardmer commence à devenir critique. Le prélèvement d’eau est parfois trop conséquent, notamment en période touristique. (…) Les usages sont liés au bon fonctionnement des lacs dont dépend le paysage, le cadre de vie, les activités économiques et touristiques etc. »

Des propos repris par Olivier Braud du Commissariat de Massif : « Nous sommes à un tournant : les lacs et les secteurs où ils sont implantés sont soumis à différents types de pressions telles que la surpopulation en certaines périodes, ou encore le réchauffement climatique etc. Il faut que le massif soit habité mais reste habitable, qu’il soit dynamique en restant attractif. (…) Quoiqu’on fasse, en ce qui concerne le climat, les dés sont jetés pour les 20 années à venir. Il faut donc avoir une gestion partagée de l’eau. Pour y parvenir, d’importants moyens financiers seront mis en œuvre par l’agence de l’eau. » Le diagnostic révèle donc une situation compliquée, mais des solutions existent qu’il faut pouvoir collectivement affiner et mettre en œuvre collectivement à travers ce fameux plan Grands Lacs. De manière générale et comme l’a précisé Louis Hermon, il faut appuyer sur un plan d’économie de l’eau en réalisant au préalable une étude de consommation : qui consomme quoi, quand et comment ? L’autre point important à maîtriser concerne la caractérisation des flux en eau pluviale et en ruisellement. « Il s’agit des arrivées en eau dans les lacs dont nous devons identifier les sources de pollution pour pouvoir y remédier. Sur ce point, par exemple, nous pouvons agir en travaillant avec l’ONF, mais aussi en protégeant les zones humides qui préserve l’eau et la restitue en cas de besoin, ou encore en renaturant les cours d’eau » ajoute Louis Hermon. Sans oublier d’apporter une attention partculière à l’aménagement des berges qui sont les poumons des lacs, ou encore à la baisse des pollutions toxiques de manière générale.

Il y a donc du pain sur la planche, mais le jeu en vaut la chandelle, mieux encore, c’est un impératif pour la vallée qui dépend de ses lacs qui sont importants à plus d’un titre : « Ils alimentent un réseau hydrographique, beaucoup d’espèces sont inféodées à ce milieu, ils nous protègent des crues et restituent l’eau en période de sécheresse, ils contribuent à un cadre de vie exceptionnel et apportent des activités dont dépend une partie de l’attractivité et donc de l’économie touristique. » Pour résumer, le temps presse et nos lacs ont besoin de tout le monde, ils ont besoin de vous autant que vous avez besoin d’eux !




3 réactions sur “Atelier participatif plan Grands Lacs : co-construire un avenir

  1. Jacques Valentin

    Les animateurs de cet atelier nous ont montré l’importance des ressources en eau qui sont clairement en alerte sur Gérardmer. Nous sommes dans une situation catastrophique disent-ils. J’ai participé à cet atelier.
    Ils nous ont dit entre autres qu’il était vital de préserver les zones humides. Que ces zones humides permettent de garder l’eau. Mais il faut savoir qu’en 2015, le commissaire enquêteur du PLU enjoignait la municipalité à faire une cartographie des zones humides. Que celle -ci n’a été réalisée qu’en 2019, et officialisée en 2021.
    Le matin même de ces ateliers, une toupie de béton était stoppée par les riverains, voir article dans geradmerinfo, qui allait se déverser sur une zone humide.
    La municipalité représentée par son adjoint à l’urbanisme, OPJ (officier de police judiciaire) venu sur place, a laissé faire, malgré les prescriptions du permis de construire qui dit clairement « qu’il faut conserver la zone humide, qu’il ne faut pas assécher ce milieu, que les mouvements de terre sont réglementés, que les déblais ne pourront dépasser 1 mètre de hauteur, pas de modification du sol existant etc »… et comble de l’ironie, dans ce même permis de construire, il est écrit : « Si dans le cas contraire, des matériaux sont excavés, la zone humide sera reconstituée comme à l’état initial ».
    La dalle a été coulée, les déblais sont à plus de 4 mètres, la zone humide est saccagée.
    Alors, maintenant : chiche. Il faut reconstituer la zone humide à son état initial, c’est écrit, c’est même la loi. Monsieur l’OPJ allez-vous faire respecter les règles que vous-même avez signées ? Vous en avez non seulement le devoir mais le pouvoir.
    Cet atelier participatif a été une belle initiative, elle permet de montrer que l’eau est vitale. Le même commissaire enquêteur alertait déjà en 2015 sur le risque de pénurie en eau, conséquence d’un urbanisme non maitrisé.
    A quoi peuvent servir ces ateliers participatifs, si ce n’est que donner bonne conscience à notre municipalité, mais aussi heureusement alerter la population sur ce qui va arriver ? Les spécialistes nous ont dit clairement que nous y sommes : nous allons manquer d’eau.

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    1. Schmit

      Les zones humides saccagées (comme vous le soulignez M Valentin), c’est une constatation ! Saccagées par ces constructions invasives dotées pour la plupart de spa, qui consomment beaucoup d’eau ! Le plaisir passant avant la raison…
      La population de Gérardmer triple en été et la surconsommation en eau épuisent les sources qui alimentent les besoins de ce trop plein de touristes…Le manque d’eau probable est à venir bien évidemment….
      Bien triste tout ce que subit notre ville….

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  2. Colibri

    On risque de tout perdre en voulant trop gagner…
    N’est ce pas, messieurs les élus et les gérômois qui s’imaginent qu’ils peuvent exploiter leur patrimoine sans limite ?

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