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mardi 27 sept 2022
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Un déplacé d’Ukraine offre à la paroisse l’icône qu’il a écrite Un moment de grâce soustrait au malheur de la guerre

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Remise de l'icône au Père VoinsonHovhannes Shahbazyan fait partie des 130 déplacés qui ont séjourné au centre de transit des ukrainiens à Gérardmer.

Il y a séjourné plus de deux mois et en remerciement de l’accueil que lui a été réservé, il a décidé d’écrire une icône et d’en faire don à la paroisse de Gérardmer. La remise de son œuvre s’est faite ce dimanche 7 août à l’issue de la messe célébrée à Xonrupt -Longemer par le père Daniel Voinson et à laquelle assistaient de nombreux représentants de la communauté  arménienne.

L’artiste a réalisé son œuvre dans les locaux de l’Ermitage, après avoir fait choisir au père Voinson l’image qui serait représentée : Jésus Christ et la parole d’évangile « Venez à moi, dis Jésus, vous qui peinez et  ployez sous le fardeau  et moi je vous soulagerai ».

Une parole qui fait pleinement écho à la vie d’Hovhannes, laquelle n’a pas été un long fleuve tranquille.

André Jacquelin, en charge de la gestion du Centre de l’Ermitage  avec l’équipe des bénévoles de la Croix Rouge a retracé le parcours de vie de l’artiste tant il est vrai qu’écrire des icônes ce n’est pas simplement peindre un tableau mais c’est l’expression d’un cheminement  intérieur.

Hoavhannes est né en 1969 à Gumri en Arménie. En 1988 le tremblement de terre qui a ravagé son pays a plongé sa famille, comme des milliers de familles arméniennes, dans une grande précarité l’obligeant à vivre dans un wagon désaffecté et à abandonner ses études supérieures. Il a alors appris le métier de cordonnier pour subvenir aux besoins des siens.

Avec sa femme  Karine, rencontrée en 1992 ils décident d’émigrer  en Ukraine afin d’offrir une vie plus confortable à leurs futurs enfants. Leur foyer aura la joie d’accueillir deux filles en 1993 et 1995. L’affaire de cordonnerie qu’ils créent est très vite florissante mais il dit s’être un peu perdu dans cette vie facile et superficielle.

En 2002, la famille part vivre à la campagne pour se ressourcer. Hovhannes rencontre un prêtre orthodoxe avec lequel il échange beaucoup et décide de se faire baptiser. Sur les conseils du père il renoue avec sa passion de jeunesse, le dessin, et commence à peindre des icônes. Il dit avoir enfin trouvé sa voie et parle d’années bonheur : « C’étaient des années heureuses. Nous ne savions pas que cela n’allait pas durer ».

En 2014 une épreuve terrible survient avec la perte de leur fille Tamara âgée de 19 ans.

Cette épreuve les anéantit et c’est grâce à leur foi et au soutien de leur fille ainée, de leur gendre et l’arrivée de leur petit fils qu’ils ont réussi à surmonter ce drame familial.

Peindre une icône est pour lui une démarche mystique. Il a en a réalisé plus de 500. Il ne les signe pas car selon lui « Signer ce serait pécher parce que ce serait de l’orgueil » ?

Pour lui « c’est Dieu qui écrit par ses mains ».

Dès le début de la guerre en mars 2022, leur fille et sa famille ont rejoint la France. Ils vivent dans la ville Saint-Dié. Hovhannes et Karine sont arrivés plus tard pour les rejoindre. Hélas ils n’ont pas obtenu le statut de déplacé ukrainien avec tous les droits qui lui sont attachés dont de celui de travailler. Ils ont déposé une demande d’asile qui est en cours d’examen et sont logés provisoirement à Saint Dié sans avoir de certitude sur l’aboutissement de leur demande.

Hovhannes, avec la sagesse qui le caractérise dit « qu’il s’en remet à la volonté de Dieu »

L’icône sera disposée à partir du 14 août dans l’église de Gérardmer.

 




Une réaction sur “Un déplacé d’Ukraine offre à la paroisse l’icône qu’il a écrite

  1. John

    On pourrait faire de même à la mémoire des soignants suspendus ?
    Science et religion ne sont pas compatibles ?
    Mais religions et guerre sont compatibles et ça arrange la science… de la guerre !

    répondre

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