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vendredi 9 déc 2022
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Mobilisation des enseignants contre la réforme des lycées professionnels Des pistes floues, un transfert vers l'apprentissage et un glissement des statuts des élèves et des professeurs

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grève lycées pros de Gennes Gérardmer

 

Ce mardi matin, plusieurs enseignants du lycée des métiers de l’automobile et du transport se sont mobilisés afin de protester contre la réforme des lycées professionnels annoncée par le président Macron, alors même que la précédente réforme est à peine digérée.

« Les contours de cette nouvelle réforme restent flous et le président Macron nous donne des pistes qui ne nous conviennent pas : il y a notamment l’augmentation des périodes de stage d’au moins 50%, ce qui ferait passer de 22 semaines à plus de 30 semaines de stages sur un cursus de 3 ans avec une expérimentation dès la rentrée scolaire 2023 pour les élèves de terminale qui effectueraient non plus 8, mais 12 semaines de stage sur leur année. Cela pose évidemment des problèmes car cette augmentation se ferait au détriment des enseignements généraux. Il faut également que les entreprises puissent assumer/assurer cette augmentation importante. On se dirige clairement vers de l’apprentissage et non plus de l’enseignement professionnel. (…) Liquider le lycée professionnel au profit d’un apprentissage que les entreprises ne veulent pas pour les enfants dont nous avons la responsabilité ne peut pas constituer la base d’une réforme » précisent les enseignants grévistes présents devant l’entrée du lycée ce matin avec banderoles et tracts à l’attention des passants et des élèves.

« Parmi les pistes évoquées par le président, il y a également une sorte de fusion entre le lycée professionnel et l’entreprise avec un C.A qui serait présidé par un chef d’entreprise. Mais les entreprises doivent rester nos partenaires, nous ne voulons pas être assujettis aux entreprises. Enfin, il y a la carte de formations qui serait redessinée au profit d’un plan local de formation avec son lot de fermetures filières prétendues non insérantes. On sait que nos jeunes, pour la plupart, manquent de mobilité et par conséquences ils n’auraient plus accès à certaines formations. Beaucoup de nos élèves font des filières complémentaires, il y aurait un glissement de leur statut vers l’apprentissage et un glissement du statut du personnel des lycées pro vers quelque chose d’incertain. Jusqu’à présent on parle beaucoup de fermer des formations mais on n’évoque pas d’ouverture de nouveaux BAC pros orientés vers le numérique notamment. Il est aussi important de rappeler que nous avons une ministre déléguée à la formation, Carole Grandjean, dont le ministère de tutelle est à la fois le ministère de l’éducation nationale et celui du travail. Elle a entrepris des concertations sur le sujet de la réforme mais sans convier les principaux syndicats de l’Éducation Nationale, ce qui n’est pas très rassurant » ajoutent les grévistes qui souhaitaient montrer et expliquer leur opposition à ce projet de réforme des lycées professionnels qui, pour beaucoup d’enseignants, semble osciller entre mélange des genres et flou artistique.

grève lycées pros de Gennes Gérardmer  

Ce mardi matin, plusieurs enseignants du lycée des métiers de l'automobile et du transport se sont mobilisés afin de protester contre la réforme des lycées professionnels annoncée par le président Macron, alors même que la précédente réforme est à peine digérée.

"Les contours de cette nouvelle réforme restent flous et le président Macron nous donne des pistes qui ne nous conviennent pas : il y a notamment l'augmentation des périodes de stage d'au moins 50%, ce qui ferait passer de 22 semaines à plus de 30 semaines de stages sur un cursus de 3 ans avec une expérimentation dès la rentrée scolaire 2023 pour les élèves de terminale qui effectueraient non plus 8, mais 12 semaines de stage sur leur année. Cela pose évidemment des problèmes car cette augmentation se ferait au détriment des enseignements généraux. Il faut également que les entreprises puissent assumer/assurer cette augmentation importante. On se dirige clairement vers de l'apprentissage et non plus de l'enseignement professionnel. (...) Liquider le lycée professionnel au profit d'un apprentissage que les entreprises ne veulent pas pour les enfants dont nous avons la responsabilité ne peut pas constituer la base d'une réforme" précisent les enseignants grévistes présents devant l'entrée du lycée ce matin avec banderoles et tracts à l'attention des passants et des élèves.

"Parmi les pistes évoquées par le président, il y a également une sorte de fusion entre le lycée professionnel et l'entreprise avec un C.A qui serait présidé par un chef d'entreprise. Mais les entreprises doivent rester nos partenaires, nous ne voulons pas être assujettis aux entreprises. Enfin, il y a la carte de formations qui serait redessinée au profit d'un plan local de formation avec son lot de fermetures filières prétendues non insérantes. On sait que nos jeunes, pour la plupart, manquent de mobilité et par conséquences ils n’auraient plus accès à certaines formations. Beaucoup de nos élèves font des filières complémentaires, il y aurait un glissement de leur statut vers l'apprentissage et un glissement du statut du personnel des lycées pro vers quelque chose d'incertain. Jusqu'à présent on parle beaucoup de fermer des formations mais on n'évoque pas d'ouverture de nouveaux BAC pros orientés vers le numérique notamment. Il est aussi important de rappeler que nous avons une ministre déléguée à la formation, Carole Grandjean, dont le ministère de tutelle est à la fois le ministère de l'éducation nationale et celui du travail. Elle a entrepris des concertations sur le sujet de la réforme mais sans convier les principaux syndicats de l’Éducation Nationale, ce qui n'est pas très rassurant" ajoutent les grévistes qui souhaitaient montrer et expliquer leur opposition à ce projet de réforme des lycées professionnels qui, pour beaucoup d'enseignants, semble osciller entre mélange des genres et flou artistique.




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